virus aquatiques
Santé

L’océan rempli de virus
08/10/2019

En mai dernier, la revue scientifique américaine Cell a publié une étude étonnante. Celle-ci présente les résultats de la mission effectuée par la fondation Tara Oceans. Les océans seraient ainsi des pépinières de virus marins essentiels à la biodiversité et, à notre survie.


biodiversité virale

Partie en septembre 2009 et revenue en 2014, l’expédition Tara Oceans a parcouru 140 000 kilomètres et recueilli près de 35 000 échantillons de plancton marin. L’analyse de ces échantillons a mis en évidence une population massive de virus au sein des océans. Jusque là, il n’y avait que 16 000 populations virales connues. L’expédition en a recensé environ 200 000.


L’importance des virus aquatiques


Au delà de ce chiffre impressionnant qui serait largement en- deçà de la réalité, Tara Oceans a analysé scrupuleusement tous ces échantillons. Cela a permis aux scientifiques d’observer leur ADN et de comprendre le rôle des virus océaniques. Ces derniers ont un impact sur les organismes des planctons. Les recherches scientifiques sur l’évolution des virus marins sont primordiales puisque les virus influent sur le métabolisme des planctons de nature végétale ou animale. Si le plancton a son importance, c’est parce que ses micro-organismes ne sont ni plus ni moins que l’un de nos principaux fournisseurs d’oxygène. Ils jouent un rôle dans le transport du dioxyde de carbone de la surface jusqu’aux fonds marins. Ils permettent l'absorption du CO2 et produisent, alors, une grande partie de l’air que nous respirons.


Certains virus participent donc au bon fonctionnement des micro-organismes marins. Il faut bien admettre que les virus ne sont pas toujours de mauvaises choses ! Bien au contraire, ils ont un rôle clé au sein des écosystèmes marins. Par le biais de multiples processus, comme la disparition d’une espèce au profit d’autres, les virus aquatiques contribuent à la biodiversité et favorisent le brassage génétique.


Les échantillons relevés par la goélette Tara ont également permis de mettre en évidence la biodiversité virale de l’Arctique. Auparavant, ce sont surtout dans les mers tropicales que les scientifiques ont observé la plus grande diversité virale. Il s’agit d’une découverte importante puisque l’océan Arctique est l’un des endroits les plus affectés par le changement climatique. Durant le mois de juin, des températures record ont été, en effet, relevées ; la plus élevée atteignant 32°C.


Les effets engendrés par le réchauffement climatique obligent les scientifiques à multiplier les échantillonnages. Le changement climatique a, en effet, des conséquences qui sont, parfois, irréversibles et qui change, en profondeur, les images de la faune et la flore, comme cela a été démontré pour les récifs coralliens.


La mission de la Fondation Tara Océans


C'est la raison pour laquelle la Fondation Tara Océan a vu le jour. Première organisation consacrée à l'Océan en France et reconnue d'utilité publique, elle a pour ambition d'anticiper et de mieux gérer les risques climatiques. Elle a ainsi développé une expertise scientifique reconnue dans le monde entier. Tara Océan utilise cette légitimité pour sensibiliser les jeunes générations notamment à la préservation des océans.

Elle tente aussi de mobiliser les acteurs politiques et publics à cette cause nécessaire. Des représentants des laboratoires internationaux embarquent régulièrement à bord de Tara qui a déjà effectué 375 000 kilomètres. La mission qui a, toutefois, permis de mettre en évidence la diversité virale, a été dirigée par une université américaine et le chercheur du CNRS : Eric Karsenti. D'autres expéditions ont amené Tara Oceans à collaborer avec des prestigieuses organisations comme le MIT ou la NASA.


Article rédigé par Loïs Rakotonoera



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