En 2014, trois chercheurs ont soumis 43 modèles d’ordinateurs de plongée au même profil simulé en caisson. À 15 mètres, la durée sans palier affichée allait de 60,0 à 84,3 minutes selon l’appareil. Même profondeur, même temps, presque 25 minutes d’écart.
Ce chiffre dit beaucoup sur la notion de « modèle le plus fiable ». Aucun classement sérieux ne peut l’établir depuis une page web, et on ne va pas faire semblant.
Ce comparatif s’appuie donc sur les fiches des fabricants, consultées le 3 octobre 2026, sur cette étude de 2014 et sur un article du DAN consacré aux pannes. Aucun appareil n’a été testé par la rédaction.
Pourquoi deux ordinateurs n’affichent-ils pas la même durée sans palier ?
Chaque ordinateur applique un modèle de décompression, souvent dérivé de Bühlmann ou de RGBM, avec ses propres réglages de prudence. L’étude de Sayer, Azzopardi et Sieber (2014) note qu’aucun modèle ne domine le marché et que plusieurs fabricants modifient eux-mêmes leurs algorithmes. D’où des écarts nets pour un même profil.
À 50 mètres, les durées mesurées allaient de 8,7 à 15,3 minutes.
Les auteurs relèvent aussi des tendances par marque, avec des Mares plutôt prudents, suivis des Uwatec puis des Suunto, sur les modèles testés à l’époque, dans les conditions contrôlées du caisson et sur un seul type de profil carré. Ces résultats datent d’une génération d’appareils précédente et ne disent rien des modèles actuels, mais ils prouvent que l’écart existe. Le nom de l’algorithme compte moins que son réglage. Un Bühlmann réglé avec des gradient factors serrés peut se montrer plus prudent qu’un autre ordinateur au réglage d’usine. Bref, compare les réglages.
Mais attention au piège inverse. Un ordinateur qui t’accorde plus de minutes sans palier te laisse simplement moins de marge, et la plongée qui suit dans la même journée hérite de cette charge. Lis le manuel avant la première plongée.
Quels modèles comparer et que disent les fabricants ?
Voici six ordinateurs courants, du poignet d’entrée de gamme à la montre technique. Chaque ligne reprend uniquement ce que le fabricant publie sur son site ou dans son manuel, consulté le 3 octobre 2026. Les prix sont ceux affichés sur les sites américains des marques, en dollars, hors taxes locales et frais de port, et ils changent selon le pays, le revendeur et la date.
| Modèle | Format et écran | Algorithme annoncé | Énergie annoncée | Intégration d’air | Prix public affiché |
|---|---|---|---|---|---|
| Cressi Donatello | Montre, écran large rétroéclairé | RGBM Cressi | Pile changeable par l’utilisateur | Non | Non affiché |
| Scubapro Luna 2.0 AI | Poignet, LCD noir et blanc | ZH-L16 ADT MB ou ZH-L16 avec gradient factors | Pile CR2450 remplaçable, environ 2 ans ou 300 plongées | Oui, émetteur vendu à part | 499 $ |
| Shearwater Peregrine | Poignet, LCD couleur 2,2 pouces | ZHL-16C avec gradient factors, VPM et DCIEM en option | Batterie rechargeable, environ 30 h | Non | 580 $ |
| Shearwater Teric | Montre, AMOLED 1,39 pouce | ZHL-16C | Rechargeable, 30 h en plongée, 50 h en mode montre | Oui, avec émetteur | 1 199 $ |
| Shearwater Perdix 2 | Poignet, LCD 2,2 pouces | ZHL-16C, VPM et DCIEM en option | Pile AA remplaçable, de 40 à 100 h selon la pile | Oui, jusqu’à 4 émetteurs | 1 195 $ |
| Garmin Descent Mk3 / Mk3i | Montre, AMOLED tactile | Bühlmann ZHL-16C | Jusqu’à 30 h (43 mm) ou 66 h (Mk3i 51 mm) en plongée, écran toujours allumé | Mk3i seulement, émetteur T2 | À partir de 1 199,99 $ au lancement (novembre 2023) |
Côté gaz, ça diverge.
Le Donatello gère un seul mélange nitrox et propose un mode apnée. Le Luna 2.0 AI accepte trois gaz, du nitrox de 21 à 100 % d’oxygène. Le Peregrine va jusqu’à trois mélanges nitrox, quand le Teric et le Perdix 2 ouvrent le trimix en circuit ouvert et un mode recycleur. Et ces deux derniers visent clairement les plongeurs techniques. Pour un plongeur loisir à l’air ou au nitrox simple, ces modes avancés restent des lignes de menu.
Chaque chiffre d’autonomie vient du fabricant. Chez Garmin, activer l’intégration d’air fait tomber la Mk3i 51 mm de 66 à 40 heures, selon le manuel. Ce détail compte en croisière, quand la recharge dépend d’une prise partagée sur le bateau.
Quels critères regarder selon ton niveau ?
Pour quel niveau ? Un débutant a besoin d’un écran lisible, d’alarmes claires et d’un mode nitrox simple. Un plongeur qui prépare la plongée technique regardera le multigaz, le choix de l’algorithme et le réglage des gradient factors. Entre les deux, l’intégration d’air et la recharge font souvent la différence.
Commence par la lecture. Des chiffres trop petits ou un rétroéclairage faible deviennent vite un problème dans une eau chargée ou à la tombée du jour, car tu relis l’écran plus souvent et plus longtemps qu’au bord de la piscine. Essaie l’appareil en magasin avec ton masque si tu en portes un correcteur.
Viens ensuite l’énergie.
Une pile remplaçable par l’utilisateur se trouve partout, alors qu’une batterie rechargeable impose un chargeur et un câble supplémentaires dans le sac. Pourtant, la recharge évite les joints mal remis après un changement de pile. Aucun choix ne gagne partout. Pense au voyage que tu prépares, à la prise disponible et au nombre de plongées par jour. Note aussi qui fera l’entretien.
L’intégration d’air affiche la pression de ta bouteille au poignet, via un émetteur vissé sur le premier étage. Pratique, mais tu ajoutes un appareil à piles et une liaison sans fil. Garde un œil sur ton manomètre de plongée et la façon de lire ses données, au moins pendant tes premières sorties.
Le trimix et le recycleur, eux, demandent une formation dédiée. Notre article sur la plongée au trimix et ses prérequis rappelle le parcours exigé avant d’en avoir besoin.
Que faire si ton ordinateur tombe en panne en plongée ?
Dans Alert Diver (2010), Robert Rossier rappelle la règle de base : si ton ordinateur lâche pendant la plongée, tu interromps la plongée. Tu ne la poursuis que si tu disposes d’instruments de secours et que tu connais ton statut de décompression. Sinon, remontée lente et contrôlée avec ton binôme.
Le même article propose une parade simple.
Porter deux ordinateurs, réglés de la même façon et utilisant le même algorithme, sur toutes les plongées d’une série. Le second garde ainsi l’historique d’azote si le premier s’éteint. L’alternative ancienne reste valable pour qui maîtrise encore les tables de plongée et sait s’en servir sans hésiter, avec une montre, un profondimètre et un manomètre. Ainsi, une panne en milieu de séjour ne coûte pas forcément le reste des plongées. Le second appareil a un coût, à mettre en face d’une semaine de plongées perdue.
Si tu dois repartir avec un appareil neuf, sans l’historique, Rossier conseille d’attendre comme avant un vol, soit au moins 12 heures après une plongée unique sans palier et 18 heures après plusieurs plongées ou plusieurs jours. Cette pause coûte souvent une journée de croisière.
Une panne surprend. Si la situation t’inquiète, notre guide pour gérer le stress et mieux réagir en situation difficile détaille le réflexe s’arrêter, respirer, réfléchir, agir.
Comment préparer ton ordinateur avant la première sortie ?
Avant la mise à l’eau, vérifie la charge ou la pile, le mode actif, le pourcentage d’oxygène si tu plonges au nitrox et le niveau de prudence choisi pour la journée. Mets à jour le micrologiciel. Ces réglages pèsent plus sur ta marge que le prix de l’appareil.
Or l’ordinateur ne remplace pas le reste de l’équipement.
Fixe-le là où tu le lis sans contorsion, poignet gauche ou droit, et vérifie que le bracelet tient sur la combinaison épaisse que tu porteras peut-être en hiver. Teste le réglage à terre. Un gilet stabilisateur bien ajusté avant la plongée et un détendeur de plongée révisé comptent autant pour la sécurité. Si tu hésites encore entre montre et ordinateur, on compare les deux dans notre article sur la montre de plongée et ses différences avec un ordinateur. Les deux ont leur place.
Dernier point, le briefing. Le guide annonce une profondeur et une durée maximales, et ton ordinateur doit rester dans ce cadre, même s’il t’autorise davantage. Le coût concret d’un appareil plus permissif se paie d’abord en marge de sécurité, bien avant le prix affiché.
FAQ
Quel ordinateur de plongée choisir pour débuter ?
Choisis un modèle à l’écran lisible, avec un mode air et un mode nitrox simples et des alarmes faciles à comprendre. Fais-le essayer en magasin et lis le manuel avant de plonger. Ton moniteur peut t’aider à régler le niveau de prudence.
Deux ordinateurs différents peuvent-ils donner des durées sans palier différentes ?
Oui. L’étude de Sayer et ses collègues (2014) a mesuré de 60,0 à 84,3 minutes à 15 mètres selon le modèle, pour un même profil. Si ton binôme porte un autre appareil, la palanquée suit le plus prudent des deux.
Peut-on prendre l’avion avec son ordinateur de plongée ?
Oui, l’appareil voyage avec toi, mais consulte le manuel du fabricant pour le transport des batteries rechargeables. Côté corps, le DAN cite des délais avant un vol d’au moins 12 heures après une plongée unique sans palier et 18 heures après plusieurs plongées ou plusieurs jours.
Que faire si une alarme se déclenche pendant la plongée ?
Arrête-toi, lis l’écran et préviens ton binôme. La plupart des alarmes signalent une vitesse de remontée trop rapide, une profondeur maximale ou une pression basse. Applique la conduite apprise en formation et, en cas de doute, interromps la plongée.
Sources
- Decompression management by 43 models of dive computer: single square-wave exposures to between 15 and 50 metres’ depth (Martin D. J. Sayer, Elaine Azzopardi, Arne Sieber, Diving and Hyperbaric Medicine, 2014)
- Your Computer Fails: Now What? (Robert N. Rossier, Divers Alert Network, Alert Diver, 2010)


