En 2023, une équipe de chercheurs a fait nager vingt volontaires en bonne santé avec deux masques intégraux de snorkeling et un tuba classique. À effort léger, près d’un essai sur deux avec masque intégral a dû être arrêté parce que le CO2 respiré dépassait le seuil fixé par le protocole.
Ce chiffre ne dit pas quel tuba acheter. Il rappelle pourtant que le tube que tu mets en bouche joue sur ta respiration, et pas seulement sur ton confort. On l’a reprise avec la norme européenne, deux études datées et une règle simple : aucun test produit, aucune marque mise en avant.
Cet article informe, il ne remplace pas l’avis d’un médecin compétent en médecine de plongée.
Tuba simple, à valve de purge ou « dry » : quelles différences ?
Un tuba simple est un tube ouvert avec un embout, qu’on vide en soufflant fort. Le modèle à valve de purge ajoute une soupape en bas du tube, qui évacue l’eau à l’expiration. Le tuba « dry » ferme son ouverture supérieure quand il passe sous la surface, et le « semi-dry », entre les deux, se contente d’un déflecteur contre les vagues.
Chaque pièce ajoutée règle un problème et en crée un autre.
La valve de purge aide le débutant qui avale encore de l’eau après chaque canard. Mais une membrane collée par le sel, ou bloquée par un grain de sable, laisse entrer l’eau au mauvais moment. Le système « dry » coupe les entrées d’eau quand tu descends. Il ajoute aussi un flotteur, un peu de poids en haut du tube et un mécanisme supplémentaire à rincer. Le tuba simple, lui, n’a presque rien qui puisse lâcher.
Le bon choix dépend donc surtout de ta mer habituelle et de ce que tu fais en surface. Pour une randonnée palmée en eau calme, avec des pauses fréquentes et peu de vagues, un tuba simple ou à purge suffit souvent, alors qu’un clapot régulier rend le déflecteur ou le « dry » plus agréable. Teste-le en piscine.
Quel tuba choisir pour l’apnée ?
En apnée, la plupart des pratiquants choisissent un tuba simple, souvent souple, sans valve ni système « dry ». Il gêne moins pendant la descente. Il se plie contre le masque et ne garde aucune bulle d’air piégée. Comme tu ne respires pas dedans en profondeur, une valve n’apporte rien une fois le canard fait.
Le tuba souple se range aussi plus facilement dans une poche de combinaison.
Le seul vrai critère reste la forme de l’embout. Un embout trop dur ou mal orienté fatigue la mâchoire pendant les longues récupérations en surface, et c’est là que tu passes la plus grande partie de la séance. Cependant, beaucoup d’apnéistes recrachent le tuba avant de descendre. Ce geste évite d’aspirer, au retour vers la surface, l’eau restée dans le tube pendant toute la descente. Il s’apprend en club, avec un binôme qui te surveille depuis la surface.
Choisis-le court et sans fioritures.
Que dit la norme EN 1972 sur la longueur et le volume ?
La norme EN 1972 encadre les tubas vendus en Europe. Sa version de 2015 distingue deux classes : la classe A pour les adultes et la classe B pour les enfants, avec une limite de taille à 1,50 m citée dans les notices. DAN Europe rappelle que le volume intérieur ne doit pas dépasser 230 ml pour un adulte et 150 ml pour un enfant.
| Repère | Adulte (classe A) | Enfant (classe B) |
|---|---|---|
| Taille de l’utilisateur | Plus de 1,50 m | Moins de 1,50 m |
| Volume intérieur maximal | 230 ml | 150 ml |
| Longueur maximale (indicative, notices alignées sur la version 1997) | 38 cm | 35 cm |
Pourquoi limiter le volume ? Parce que l’air qui reste dans le tube à la fin de ton expiration repart dans tes poumons à l’inspiration suivante. C’est l’espace mort. Un tuba classique en ajoute environ 160 ml selon une série de cas publiée en 2025. Plus le tube est long ou large, plus tu respires à nouveau ton propre CO2.
Le tableau complet de la version 2015 n’est pas en accès libre, donc les longueurs ci-dessus viennent de notices de fabricants qui reprennent l’ancienne version de 1997.
Ainsi, retiens surtout ceci. Ne rallonge jamais un tuba. Un enfant prend un modèle de classe B, même si un tuba adulte « tient » sur son masque.
Masque intégral de snorkeling : que disent les études ?
Les études récentes vont dans le même sens : le masque intégral augmente le CO2 respiré. En 2023, une étude publiée dans Diving and Hyperbaric Medicine a fait arrêter 45 % des essais avec masque intégral à effort léger, contre 20 % avec un tuba classique. En 2025, des pédiatres ont décrit trois accidents graves chez des enfants de moins de six ans.
Le mécanisme tient à la poche qui couvre le nez et la bouche. Si l’air ne circule pas dans un seul sens, une partie de ton expiration reste dans le masque et revient à l’inspiration suivante. L’étude de 2023 estime l’espace mort de cette poche à environ 250 ml. Il peut monter jusqu’à 1 470 ml selon le modèle si les joints ou les valves fonctionnent mal. Les volontaires ont aussi montré plus d’épisodes de manque d’oxygène.
Et chez l’enfant, le calcul devient franchement inquiétant, puisque la série de cas de 2025 rappelle qu’un enfant de 20 kg déplace environ 140 à 200 ml d’air par respiration, soit parfois moins que l’espace mort du masque lui-même.
Ces accidents peuvent être silencieux.
On ne te dira pas qu’un modèle précis est sûr ou dangereux, parce qu’on ne l’a pas mesuré. Les auteurs de 2023 citent plusieurs accidents, dont des décès, associés à ces masques. Si tu en utilises un malgré tout, garde des efforts légers et ne laisse jamais un jeune enfant nager avec seul. Pour un débutant, un masque classique et un tuba aux normes restent la solution la mieux documentée.
Faut-il garder un tuba en plongée bouteille ?
Le débat existe et il n’a pas de réponse unique. Le tuba sert en surface, quand tu attends le bateau dans le clapot ou que tu rentres à la palme avec peu d’air. Au fond, il peut s’accrocher, gêner le détendeur de secours ou battre contre le masque. Ta formation et ton club fixent la règle.
Pour : la surface agitée. Un plongeur qui a vidé sa bouteille plus que prévu et qui doit nager deux cents mètres face au vent respire mieux avec un tube qu’en levant la tête à chaque vague. Contre : le fond. Un tuba fixé au masque frotte, prend le courant et se coince parfois dans un bout. Beaucoup de plongeurs gardent donc un tuba pliable dans une poche.
Pour un baptême ou un premier voyage, impossible à trancher d’ici.
Or la question pratique se pose avant de partir : ton club exige-t-il un tuba à bord, et de quel côté le porter ? L’usage le plus courant le place à gauche, puisque le détendeur arrive à droite, mais ce détail se vérifie au briefing et pas dans un guide. Le coût de l’oubli reste modeste : quelques euros et une poche de gilet occupée.
Comment entretenir et quand remplacer son tuba ?
Un tuba se rince à l’eau douce après chaque sortie, valve comprise, puis sèche à l’ombre, à l’abri du soleil direct. Vérifie l’embout avant chaque saison : une fissure, une ailette mordue ou un silicone devenu collant sont des raisons de le remplacer. Une membrane de purge déformée laisse passer l’eau.
Le sable reste l’ennemi principal des valves.
Avant de ranger ton matériel, fais couler l’eau douce dans le tube par le haut, puis par l’embout. Appuie doucement sur la membrane pour décoller le sel. Sèche tout avant de fermer le sac. Un tuba humide enfermé plusieurs semaines finit par sentir mauvais, et les taches noires dans le tube ne partent pas toujours. Range-le loin du soleil.
Pourtant, la question de l’hygiène compte encore plus en location, puisqu’un embout prêté passe d’une bouche à l’autre sans que tu saches vraiment comment ni quand il a été désinfecté. Prendre ton propre tuba règle le problème. Ajoute des chaussons de plongée adaptés aux entrées par la plage et des palmes choisies selon ton niveau, et tu as un kit léger.
Le bon tuba selon ta sortie
Pour une randonnée palmée en eau calme, un tuba simple ou à purge aux normes suffit. Pour l’apnée, prends un modèle souple sans valve. En mer agitée, le déflecteur ou le « dry » apportent du confort quand le clapot remplit le tube à chaque vague. Pour un enfant, la classe B est obligatoire.
Bref, le choix coûte peu.
Avant un voyage, regarde aussi les conditions du spot. Une baie abritée, comme la plupart des spots de snorkeling en France en été, ne demande pas le même équipement qu’une sortie au large. Les meilleures destinations de snorkeling du monde mélangent les deux. Le loueur, enfin, ne te dira pas toujours si son matériel respecte la norme. Demande-le.
Mais la vraie dépense se cache ailleurs : un tuba à 20 € mal adapté te fera abréger chaque sortie, alors qu’un modèle aux normes et bien ajusté te laisse une heure de confort supplémentaire dans l’eau.
FAQ
Quelle longueur de tuba choisir pour un adulte ?
La norme EN 1972 limite le volume intérieur à 230 ml pour un adulte. Les notices alignées sur l’ancienne version indiquent une longueur maximale de 38 cm. Un tube plus long augmente l’espace mort et le CO2 que tu respires à nouveau.
Le tuba à valve de purge est-il adapté aux débutants ?
Il aide à vider l’eau en soufflant moins fort, ce qui rassure souvent au début. Sa membrane doit rester propre, sinon elle laisse entrer l’eau. Rince-la après chaque sortie.
Les masques intégraux de snorkeling sont-ils dangereux ?
Une étude de 2023 montre qu’ils augmentent le CO2 respiré par rapport à un tuba classique, surtout à l’effort. Une série de cas publiée en 2025 décrit trois accidents graves chez de jeunes enfants. Le masque classique avec tuba aux normes reste la solution la mieux documentée.
Peut-on utiliser le même tuba pour la plongée bouteille et l’apnée ?
Oui, un tuba simple et souple convient aux deux. En apnée, on évite les valves et les systèmes « dry ». En plongée bouteille, ton club fixe la règle sur le port du tuba.
Sources
- Full-face snorkel masks increase the incidence of hypoxaemia and hypercapnia during simulated snorkelling compared to conventional snorkels (Grundemann et al., Diving and Hyperbaric Medicine, 2023)
- Full-Face Snorkeling Masks Carry a Risk of Hypercapnia and Drowning in Younger Children: A Case Series (Trapani et al., Children, 2025)


