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Lest de plongée : bien se peser et éviter le surlestage

Par la rédaction Spotmydive · 12 octobre 2025

Lest de plongée : bien se peser et éviter le surlestage

En novembre 2014, le magazine Alert Diver de DAN (Divers Alert Network) consacrait un article au lestage avec une phrase que beaucoup de guides recopiés oublient : la quantité de lest portée n’a rien de fixe.

Ce simple constat écarte les formules toutes faites. Ton lest dépend de ta combinaison, de ta bouteille, de l’eau et de toi, et il change dès qu’un de ces paramètres bouge.

On a donc repris cet article de A à Z. Aucun test de matériel n’a été mené pour l’écrire, et chaque repère chiffré renvoie à sa source.

Combien de lest te faut-il pour plonger ?

Personne ne peut te donner ce chiffre à distance. La bonne quantité se mesure dans l’eau, par un test en surface. Les pourcentages du poids du corps qui circulent en ligne servent au mieux de point de départ pour ce test.

L’ancienne version de cet article affirmait qu’environ 5 % du poids du corps compensait la flottabilité naturelle du corps humain. On l’a retiré. Dans l’article de DAN, 5 % du poids du corps sert de base de départ pour une combinaison de 3 mm, et 10 % pour une 6 mm, des valeurs que les auteurs proposent d’ajuster ensuite au fil des plongées. Ton corps, ta bouteille et ton gilet font varier le résultat dans un sens ou dans l’autre. Deux plongeurs du même poids peuvent donc finir avec des lests très différents.

Le tableau suivant résume ce qui fait bouger le chiffre, facteur par facteur, avec ce que tu dois vérifier chaque fois.

Facteur Effet habituel sur le lest Ce qu’il faut vérifier
Combinaison plus épaisse Plus de lest Le néoprène se comprime en profondeur et perd une partie de sa flottabilité
Eau de mer plutôt qu’eau douce Plus de lest Refaire la pesée à chaque changement d’eau
Bouteille acier ou aluminium Variable selon le modèle La flottabilité à vide indiquée par le fabricant
Bouteille qui se vide Elle s’allège pendant la plongée Le contrôle en fin de plongée
Gilet, phares, accessoires Variable Refaire le test au moindre changement
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Mais ce tableau indique seulement dans quel sens corriger. Il devient utile quand tu loues du matériel que tu n’as jamais porté ou quand tu changes de combinaison selon la température de l’eau. Le chiffre final viendra de la pesée.

Comment faire le test de pesée en surface ?

Place-toi dans une eau où tu n’as pas pied et vide complètement ton gilet. Selon la procédure décrite par DAN en 2014, l’eau doit arriver au niveau de tes yeux quand tu respires normalement, puis passer juste au-dessus de ta tête à l’expiration avant de te laisser remonter.

Le moment du test compte autant que le geste.

Une bouteille pleine pèse plus lourd qu’une bouteille presque vide, puisque l’air comprimé a une masse que tu consommes pendant la plongée. Si tu te pèses avec une bouteille pleine, tu risques de manquer de lest à la fin, au moment du palier. D’où l’intérêt de faire le test avec une bouteille presque vide. Ton manomètre te dit où tu en es. DAN propose aussi un contrôle en fin de plongée : avec une bouteille aluminium à 500 psi (environ 35 bar), tu dois pouvoir rester stable vers 15 pieds, soit environ 4,5 m, gilet vide.

Fais ce contrôle avec ton encadrant ou ton binôme à côté de toi.

Et si la pesée révèle un écart, corrige par petites touches puis recommence. Note ensuite le résultat avec la combinaison, la bouteille et le type d’eau du jour, parce que ce carnet personnel vaudra plus que n’importe quelle formule lors de ta prochaine sortie dans les mêmes conditions. Il ne te dispensera pas d’un nouveau test.

Eau douce ou eau de mer : pourquoi changer de lest ?

L’eau de mer est plus dense que l’eau douce, donc elle te porte davantage. À équipement égal, il te faut plus de lest en mer qu’en lac, en carrière ou en piscine, et moins quand tu fais le chemin inverse. L’article de DAN publié en 2014 le rappelle aux plongeurs formés en eau douce.

L’écart reste modeste à l’échelle d’un litre. À titre indicatif, un litre d’eau de mer pèse en général deux à trois pour cent plus lourd qu’un litre d’eau douce, selon sa salinité et sa température. Pourtant ton volume total, avec combinaison, gilet et bouteille, est grand. Cette petite différence finit donc par se sentir. Personne ne peut te dire de combien sans test, et le seul chiffre fiable sortira de la pesée faite sur place.

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Garder le lest de ta dernière sortie en mer pour une plongée en lac revient souvent à plonger trop lourd.

Le piège vaut aussi pour la combinaison. Une eau froide demande souvent un néoprène plus épais, ou une combinaison étanche, et donc davantage de lest pour compenser leur flottabilité propre, qui elle aussi varie avec la profondeur. Change d’eau et de combinaison le même jour, et tu repars de zéro.

Où placer le lest et comment le larguer ?

Répartis ton lest pour rester à l’horizontale sans effort, et sache exactement comment t’en débarrasser. Une ceinture se largue d’un geste si rien ne la recouvre. Les poches intégrées au gilet ou au harnais peuvent compter plusieurs points de largage, et DAN conseille d’en parler avec ton binôme avant la mise à l’eau.

Côté position, l’ancien article plaçait le lest « légèrement sous le sternum ». On a retiré ce repère, faute de source. La répartition se règle à l’essai : si tes jambes tombent ou si tu bascules vers l’avant, ton encadrant peut t’aider à déplacer une partie du lest, vers des poches arrière par exemple quand ton gilet stabilisateur en possède. Chaque gilet se règle à sa façon. Teste ce réglage en eau calme et peu profonde, puis refais-le à chaque changement de matériel.

Ainsi le check avant la mise à l’eau inclut toujours le lest.

Ton binôme doit savoir où il se trouve et comment il se largue. Dans un article publié par DAN Europe en 2012, Rick Layton le formule sans détour : mieux vaut perdre du matériel que rester en difficulté pour le garder. Une ceinture prêtée ne vaut pas qu’on hésite.

Pourquoi le surlestage est-il dangereux ?

Trop de lest t’oblige à mettre plus d’air dans ton gilet pour rester neutre. Or cet air change de volume avec la profondeur, donc chaque mètre gagné ou perdu modifie davantage ta flottabilité, et le contrôle devient plus délicat à la remontée comme au palier. DAN Europe le décrivait dès 2012.

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L’article de DAN publié en 2014 ajoute un effet moins visible. Trop lourd, avec un gilet gonflé, tu nages plus redressé et tu offres plus de résistance à l’eau. Tu fournis plus d’effort. Tu consommes aussi plus d’air. Selon les auteurs, cet effort supplémentaire peut même augmenter le stress de décompression, ce qui pèse lourd pour un réglage aussi simple à corriger avant la sortie. Bref, le kilo en trop se paie en air et en marge.

Un plongeur trop lourd touche aussi plus facilement le fond, et on t’explique ailleurs pourquoi il ne faut jamais toucher la vie marine.

Cependant le sous-lestage ne vaut pas mieux. Sans assez de lest, tenir un palier avec une bouteille presque vide devient difficile, et une remontée trop rapide peut suivre. Le parachute de plongée signale ta position en surface, il ne corrige pas un lest mal réglé.

Refaire une pesée coûte une dizaine de minutes au début d’un séjour. Garder le lest d’une autre eau ou d’une autre combinaison se paie plus tard, en air consommé et en marge perdue au palier.

FAQ

Combien de kilos de lest faut-il avec une combinaison de 5 mm ?

Aucun chiffre sérieux ne peut être donné sans test. L’article de DAN de 2014 propose 5 % du poids du corps pour une 3 mm et 10 % pour une 6 mm comme simple point de départ. Le réglage final se fait par une pesée en surface, idéalement avec une bouteille presque vide.

Faut-il plus de lest en mer qu’en piscine ?

Oui, en général. L’eau de mer est plus dense que l’eau douce et te porte davantage, donc il te faut plus de lest à équipement égal. Refais la pesée à chaque changement d’eau.

Bouteille acier ou aluminium : laquelle demande le plus de lest ?

Cela dépend du modèle. La flottabilité d’une bouteille pleine et vide figure dans les données du fabricant, et elle change pendant la plongée à mesure que tu consommes l’air. Le contrôle en fin de plongée reste la seule façon de le vérifier avec ton équipement.

Comment savoir que je suis trop lesté pendant la plongée ?

Tu dois gonfler beaucoup ton gilet pour rester neutre, tu nages incliné et tu sens que tu fais plus d’effort. DAN relie ces signes à une consommation d’air plus élevée. Signale-le à ton encadrant et refais une pesée à la sortie suivante.

Sources

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