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Plonger dans une réserve marine : ce qu’elle protège vraiment et ce qu’elle t’impose

Par la rédaction Spotmydive · 14 août 2025

Plonger dans une réserve marine : ce qu’elle protège vraiment et ce qu’elle t’impose

À Cerbère-Banyuls, première réserve naturelle nationale exclusivement marine de France, créée en 1974, il existe un secteur de 65 hectares où personne ne plonge. Ni en bouteille, ni en apnée.

Le reste de la réserve accueille les plongeurs, avec une autorisation annuelle et des règles écrites noir sur blanc. Et c’est là que se pose la vraie question : ta plongée aide-t-elle la réserve, ou est-ce la règle qui fait tout le travail ?

On a repris l’ancienne version de cet article, vérifié ce qui tenait et retiré ce qui relevait du slogan. Voici ce qui reste, textes et études à l’appui.

Qu’est-ce qui change dans l’eau quand une zone devient réserve ?

Dans une réserve marine, certaines activités humaines sont limitées ou interdites sur un périmètre fixé par un texte officiel. Selon le site, cela vise la pêche, la chasse, le mouillage ou la plongée. Le niveau de protection varie beaucoup d’une aire à l’autre, et c’est lui qui décide des effets que tu peux espérer observer.

Le mot « réserve » recouvre donc des réalités très différentes. Seul le texte fait foi.

Une aire marine protégée peut tolérer presque tout, avec quelques limites de pêche. Une réserve intégrale ferme au contraire un secteur à tout prélèvement. Entre les deux, on trouve des zonages mixtes, comme à Cerbère-Banyuls, où une petite zone de protection renforcée fermée aux plongeurs côtoie un périmètre plus large dans lequel la plongée en bouteille reste possible sous conditions. Pourtant, les brochures emploient souvent le même mot pour tout ça. Un plongeur peut alors croire qu’il entre dans un sanctuaire.

Avant de réserver une sortie, demande au club quel statut exact a le site du jour.

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Y a-t-il vraiment plus de poissons dans une réserve marine ?

Oui, quand la protection est forte. Une synthèse d’Enric Sala et Sylvaine Giakoumi, publiée dans l’ICES Journal of Marine Science en 2018, estime la biomasse de poissons en moyenne 670 % plus élevée dans les réserves intégrales que dans les zones non protégées. Dans les aires partiellement protégées, l’écart tombe à 183 % et disparaît souvent.

Le chiffre impressionne. Mais il se lit avec précaution.

Il s’agit d’une moyenne tirée de nombreuses études, et ton prochain site peut s’en écarter beaucoup. Les mêmes auteurs comparent aussi les réserves intégrales aux aires partiellement protégées et trouvent une biomasse 343 % plus élevée dans les premières, ce qui montre que l’interdiction de prélever produit le gros de l’effet observé. Une aire où la pêche continue ressemble donc souvent à la côte voisine. Ça ne dit rien de la clarté de l’eau. Et ça ne garantit aucune rencontre précise le jour où tu t’immerges, quelle que soit la saison.

Bref, plus de poissons en moyenne, oui, mais aucun rendez-vous garanti avec un mérou ou une tortue.

Quelles règles t’attendent à Cerbère-Banyuls, Port-Cros et Scandola ?

Chaque réserve a son propre règlement, et les écarts entre deux sites voisins peuvent être grands. À Cerbère-Banyuls, la plongée en bouteille demande une autorisation annuelle. À Port-Cros, elle est interdite sans autorisation du parc national, à demander sur son portail CaPeL. À Scandola, la plongée en bouteille est interdite et seule l’apnée reste ouverte au public.

Site Statut Plongée en bouteille Chasse et pêche Mouillage
Cerbère-Banyuls (Pyrénées-Orientales) Réserve naturelle nationale, 1974 Interdite dans la zone de protection renforcée, autorisation annuelle ailleurs, gilet stabilisateur obligatoire Chasse sous-marine interdite, pêche de loisir sur autorisation Interdit dans la zone de protection renforcée et les zones de mouillage organisées
Port-Cros (Var) Parc national, 1963 Interdite sans autorisation (portail CaPeL), 40 plongeurs maximum en même temps par site Chasse sous-marine interdite, pêche de loisir très limitée en cœur marin Ancre interdite dans la zone de mouillage organisée, amarrage sur dispositifs au-dessus des herbiers
Scandola (Corse) Réserve naturelle, 1975 Interdite, apnée seule autorisée au public Pêche de plaisance et chasse sous-marine interdites De jour seulement, pas de nuit sur place

Ces règles viennent des textes consultés le 3 octobre 2026. Elles changent.

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Ainsi, l’arrêté préfectoral de 2022 sur Cerbère-Banyuls a remplacé celui de 2020, et il plafonne les autorisations annuelles à 20 structures commerciales, 20 structures associatives et 500 plongeurs individuels, ce qui rend une sortie improvisée en plein été parfois impossible. Le même texte impose le gilet stabilisateur pour limiter les coups de palme sur la faune et la flore. Mal réglé, il fait l’inverse. D’où l’intérêt de bien ajuster ton gilet stabilisateur avant la plongée. Au port, le club reste ton meilleur relais pour connaître l’état du règlement.

En Corse, les îles Cerbicale, classées en réserve naturelle, se visitent souvent au départ de Porto-Vecchio, et la fiche d’Hippocampe Plongée, centre professionnel à Porto-Vecchio rassemble ce que l’on sait de ses sorties.

En Bretagne sud, pose les mêmes questions au CIP Glénan, club emblématique de Bretagne sud : statut du site, zones fermées, consignes de mouillage.

Comment plonger dans une réserve sans abîmer ce qu’elle protège ?

Ne touche à rien, garde ta flottabilité et suis le règlement du site. À Cerbère-Banyuls, tout contact physique avec le substrat ou les espèces est interdit par l’arrêté préfectoral de 2022. À Port-Cros, nourrir les poissons, retourner les roches ou toucher le fond est aussi interdit. En pratique, c’est la flottabilité qui fait la différence.

Le principe est simple. Le geste l’est moins.

Cependant, un plongeur qui lutte avec son lest frôle le fond sans s’en rendre compte. Il soulève du sédiment, s’accroche à une roche pour se stabiliser, puis donne un coup de palme dans un herbier en repartant, et rien de tout ça ne se voit sur la photo qu’il ramène du site. Un nuage de sable retombe sur les organismes fixés. Les poissons s’écartent. Personne ne le voit.

Les règles d’une plongée respectueuse de la vie marine valent partout, réserve ou pas.

Garde aussi une distance avec les animaux, même immobiles. Les raisons sont détaillées dans notre article sur pourquoi il ne faut jamais toucher la vie marine, de la peau des poissons aux coraux qui cassent au moindre appui.

Plonger dans une réserve aide-t-il vraiment la planète ?

Ta plongée, à elle seule, ne protège rien. Ce qui protège, c’est la règle, son contrôle et le temps que les usagers acceptent de lui donner. L’ancienne version de cet article attribuait aux réserves une part de l’oxygène mondial. On a retiré cette phrase, qui mélangeait l’océan entier et quelques centaines d’hectares protégés.

Lire aussi :  Le rôle des plongeurs citoyens dans la protection des océans

Ton rôle existe quand même. Il est plus modeste.

Or une observation bien notée peut servir. Les programmes de sciences participatives donnent un usage concret à ce que tu vois, à condition de suivre leur protocole et de ne rien prélever, comme l’explique notre article sur le rôle des plongeurs citoyens dans la protection des océans. Les quotas d’autorisations disent autre chose. Une réserve protège aussi en limitant le nombre de visiteurs, y compris les plongeurs bien intentionnés qui pensent ne rien abîmer. C’est voulu.

À notre avis, le meilleur service à rendre reste discret : respecter les quotas et accepter qu’un site soit fermé.

Le coût concret, c’est un peu de souplesse en moins. Une autorisation à demander à l’avance pour Banyuls, un créneau limité par site à Port-Cros, une journée d’apnée au lieu d’une plongée en bouteille à Scandola. Pour beaucoup de plongeurs, l’échange reste favorable, mais c’est à toi de le peser avant de bloquer tes dates.

FAQ

Faut-il une autorisation pour plonger dans la réserve de Cerbère-Banyuls ?

Oui. Selon l’arrêté préfectoral de 2022, la plongée en bouteille hors zone de protection renforcée demande une autorisation annuelle délivrée par la réserve. Dans la zone de protection renforcée, la plongée en bouteille et l’apnée sont interdites.

Peut-on plonger en bouteille dans la réserve de Scandola ?

Non. La plongée en bouteille y est interdite, et seule l’apnée reste ouverte au public. La pêche de plaisance et la chasse sous-marine sont aussi interdites dans la réserve.

La chasse sous-marine est-elle autorisée dans le parc national de Port-Cros ?

Non, elle est interdite dans l’ensemble du parc. La plongée en bouteille y demande une autorisation, avec un maximum de 40 plongeurs en même temps par site.

Une réserve marine garantit-elle de voir plus de poissons ?

En moyenne, la biomasse de poissons est nettement plus élevée dans les réserves intégrales que dans les zones non protégées. Mais c’est une moyenne, et aucune rencontre précise n’est garantie le jour de ta plongée.

Sources

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