En mai 2020, l’agence scientifique australienne CSIRO a publié une étude fondée sur deux bases de données tenues par des bénévoles. D’un côté, plus de 915 000 déchets relevés au fond par des plongeurs du programme Dive Against Debris entre 2011 et 2018. De l’autre, plus de 32 millions d’objets ramassés sur les plages et le long des côtes.
Les deux listes ne se ressemblent pas.
Voilà pourquoi une plongée de nettoyage sert à quelque chose quand elle est comptée. On voit ici comment en trouver une, quel niveau demander, quoi remonter et quoi laisser au fond, avec des programmes vérifiés le 3 octobre 2026.
Comment trouver une plongée de nettoyage près de chez toi ?
Commence par ton club ou le centre où tu plonges déjà. Les deux grands réseaux de formation ont chacun leur programme : Dive Against Debris chez PADI AWARE, avec une carte des actions en ligne, et Blue Oceans chez SSI, qui organise depuis 2024 un défi de nettoyage chaque mois de juin. Des associations locales de protection du littoral en montent aussi.
Le plus simple ? Demander.
Au téléphone, demande d’abord où partent les déchets une fois à terre. Un club sérieux sait qui les récupère. Demande ensuite si les objets sont triés, comptés puis saisis dans une base publique, comme celle de PADI AWARE, ou si le sac finit simplement dans une benne du port. Et vérifie qui encadre la palanquée, parce qu’une sortie de nettoyage reste une plongée, avec un directeur de plongée, un briefing, une profondeur maximale et une durée fixées avant la mise à l’eau. Si personne ne sait répondre, l’action reste sympathique. Elle ne laissera simplement aucune trace utile.
Notre article sur le rôle des plongeurs citoyens dans la protection des océans présente d’autres programmes, comme les inventaires de poissons REEF ou la base BioObs de la FFESSM.
Quel niveau faut-il pour participer ?
Il faut au minimum le niveau qui te permet de plonger dans les conditions du site, avec une flottabilité stable. Pour la spécialité Dive Against Debris, PADI demande le Junior Open Water Diver ou un équivalent, et un âge minimum de 10 ans. Le reste dépend du club, de la profondeur et du courant du jour.
Ici, la flottabilité décide davantage que le brevet obtenu, et elle se travaille avant le jour du nettoyage.
Ramasser un objet change ton équilibre. Un sac qui se remplit tire vers le bas, une canette pleine de sable pèse plus lourd qu’on ne le croit, et chaque geste vers le fond rapproche ta palme du récif ou soulève un nuage de vase qui aveugle toute la palanquée. Un débutant peut participer. Mais sa place est souvent en zone peu profonde, sur fond de sable, avec un rôle simple comme tenir le sac ou noter les objets. Le directeur de plongée répartit les rôles sur place, selon ce qu’il voit de chacun.
Une eau claire ne rend pas la sortie plus sûre pour autant (le courant et la charge du sac comptent davantage).
Que remonter, et que laisser au fond ?
Remonte les objets légers que rien n’habite : emballages plastique, canettes, bouteilles, fil de pêche libre. Laisse en place un déchet colonisé par des éponges, des coraux ou des animaux, un objet coupant que tu ne peux pas saisir proprement, et tout filet accroché au fond. Un filet se signale au club, il ne se tire pas.
Avant de saisir quoi que ce soit, regarde dedans.
Une bouteille posée depuis des mois sert souvent d’abri à un poulpe ou à une blennie, qui s’y installe sans demander l’avis de personne. Dans ce cas, l’objet reste où il est, même s’il gâche la photo. Pourtant, la tentation est forte de tout vider pour afficher un gros chiffre, alors que l’étude du CSIRO rappelle que les engins de pêche abandonnés figurent parmi les cinq formes de déchets marins les plus meurtrières pour la faune. Ce sont justement eux qu’on confie à des équipes formées. Un filet fantôme peut emmêler un plongeur aussi bien qu’une tortue.
Les règles de notre guide observer sans déranger la vie marine valent aussi pendant un nettoyage, sac à la main.
Quel équipement prévoir pour une plongée de nettoyage ?
Ton équipement habituel, bien réglé, plus un sac ou un filet de collecte fourni par le club, et parfois des gants. Ajoute une ardoise si tu notes les objets. Vérifie aussi ton lestage avant la mise à l’eau, car le poids du sac va changer au fil de la plongée et ta stabilité avec lui.
Les gants posent une vraie question.
Ils protègent des coupures, mais certaines aires marines les interdisent pour dissuader les plongeurs de toucher le récif. Demande la règle locale avant de les emporter, notre guide des gants de plongée détaille ces cas. Le filet de collecte reste fermé et clipsé près du corps. Il ne pend jamais sous toi. Côté soleil, un lycra ou une combinaison couvre mieux qu’une crème, et si tu en mets une, garde en tête que l’effet des filtres sur les coraux reste discuté, comme on l’explique dans notre article sur la protection solaire non toxique pour les coraux.
Ainsi, tu limites ce que tu laisses dans la mer en venant y retirer des déchets.
Pourquoi compter les déchets compte autant que les ramasser ?
Parce qu’un sac sans données ne profite qu’au site nettoyé ce jour-là. Un relevé daté, localisé et trié par type d’objet rejoint une base publique que des chercheurs et des décideurs consultent. PADI AWARE annonce plus de 2,5 millions de déchets déclarés dans sa base mondiale (page consultée le 3 octobre 2026).
Le comptage transforme un nettoyage en mesure.
L’étude du CSIRO de 2020 le montre bien. En comparant les relevés de fond et ceux des plages sur la même période, les chercheurs ont constaté que certains objets flottent et partent au large, alors que le fil de pêche et les sacs plastique se retrouvent en quantités comparables au fond et sur le rivage. Sept des dix objets les plus fréquents dans les deux milieux sont faits tout ou partie de plastique. Or ce genre de résultat n’existe que si des milliers de plongeurs remplissent la même fiche de la même façon. La page de PADI AWARE liste d’ailleurs les erreurs qui rendent une saisie inutilisable : déchets de plage déclarés comme déchets de fond, coordonnées placées sur la terre ferme, plusieurs plongées regroupées dans une seule fiche.
Si tu veux emmener des proches ou des enfants, notre article sur la sensibilisation à l’écologie grâce à la plongée donne des pistes adaptées aux débutants.
Bref, compte une demi-journée, une plongée moins libre que d’habitude et vingt minutes de saisie au retour. C’est le prix d’un sac qui sert à quelque chose.
FAQ
Faut-il être plongeur certifié pour participer à un nettoyage ?
Pour la spécialité Dive Against Debris, oui : PADI demande au minimum le Junior Open Water Diver ou un équivalent, et 10 ans. Sans brevet, tu peux aider depuis la plage ou le ponton, à trier et compter ce qui remonte. Le club décide qui va à l’eau.
Peut-on retirer un filet de pêche abandonné ?
Pas seul, et pas sans formation. Un filet fantôme peut emmêler un plongeur. Note sa position et sa profondeur, prends une photo si c’est possible, puis signale-le au club ou aux autorités locales.
Que deviennent les déchets remontés ?
Ça dépend de l’organisateur. Pose la question avant la plongée. Un club sérieux sait qui récupère les déchets à terre et comment les données sont saisies.
Une plongée de nettoyage compte-t-elle pour un niveau ?
Chez PADI, la spécialité Dive Against Debris se fait en une plongée et peut compter comme plongée d’aventure vers l’Advanced Open Water, selon la page du programme. Pour les autres organismes, renseigne-toi auprès de ton centre.
Sources
- How To Participate in a Dive Against Debris (PADI AWARE, page consultée en 2026)
- Sink or Swim: mismatch between land and seafloor debris revealed in global study (CSIRO, 2020)



