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Pourquoi tu ne devrais jamais toucher la vie marine en plongée

Par la rédaction Spotmydive · 22 février 2024

Pourquoi tu ne devrais jamais toucher la vie marine en plongée

Cet article informe, il ne remplace pas l’avis d’un médecin compétent en médecine de plongée.

À Flower Garden Banks, un sanctuaire marin américain du golfe du Mexique, tout contact physique avec les raies et les requins-baleines est interdit par le règlement. La NOAA, qui gère le site, le rappelle sur sa page consacrée au savoir-vivre sur le récif.

Imagine une scène hypothétique. Ta flottabilité est mal réglée, ta main part vers le fond et se pose sur une tête de corail, juste le temps de reprendre ton équilibre avant de repartir comme si de rien n’était. Le geste paraît anodin.

Et pour le corail, il compte. On regarde ici ce que le contact abîme, ce qui peut te blesser, ce que disent les règles et comment garder les mains libres.

Pourquoi toucher un corail l’abîme-t-il ?

Parce qu’un corail est un animal couvert d’un tissu vivant très mince, posé sur son squelette calcaire. La NOAA décrit ce tissu comme délicat et facilement abîmé au toucher. Le GBRMPA, l’autorité du parc marin de la Grande Barrière, précise que le contact physique peut conduire à la maladie et à la mort du corail.

Le risque tient moins à la force d’un seul geste qu’à sa répétition sur un site où passent beaucoup de plongeurs.

Pense à la zone qu’on touche le plus. C’est souvent le sommet d’une patate de corail, celle qui affleure près du mouillage ou du point de mise à l’eau, là où les palanquées s’arrêtent pour s’équilibrer avant de repartir. Mais une blessure du tissu ne se voit pas forcément. Le GBRMPA relie justement le contact à la maladie, et une zone écorchée reste une porte d’entrée. Les animaux posés sur le fond sont dans le même cas.

La cassiopée, cette méduse qui vit à l’envers sur le sable, en est un bon exemple. Sur des récifs déjà touchés par le blanchissement des coraux, chaque colonie qui reste en bonne santé compte davantage (c’est notre avis, et on l’assume).

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Que se passe-t-il quand tu touches un poisson ?

Tu frottes la couche de mucus qui recouvre sa peau. Ce mucus sert de barrière contre les microbes et les parasites, et une main ou un gant peut en retirer une partie. La NOAA ajoute qu’un animal acculé ou surpris peut réagir par une réponse de stress.

Le poisson repart sans rien montrer, et c’est bien le problème.

Pourtant, beaucoup de photos de voyage montrent une tortue caressée ou un poisson tenu dans la paume. Ces images donnent l’impression d’un geste sans conséquence, parce que l’animal s’éloigne et que personne ne voit ce qui se passe ensuite sur sa peau ou dans son comportement. Le GBRMPA demande de garder ses distances avec la faune. Il demande aussi de ne pas la nourrir et de ne pas la poursuivre, car ces gestes perturbent les comportements naturels. Nourrir un poisson pour l’attirer devant l’objectif entre dans la même catégorie. Une photo ne vaut pas ce dérangement.

Les pages d’opérateurs qui vendent une « interaction » avec la faune, souvent sans dire comment elle se déroule, posent la même question. Tu peux demander au club comment se passe l’approche et à quelle distance le guide fait rester le groupe, avant de réserver.

Quels animaux marins peuvent te blesser si tu les touches ?

Plusieurs animaux courants sur les récifs portent un venin ou des cellules urticantes. Le poisson-pierre et le poisson-lion piquent avec les épines de leurs nageoires, et le poulpe à anneaux bleus mord pour injecter une toxine qui peut être mortelle, même quand la morsure fait peu mal. Le corail de feu, qui n’est pas un vrai corail, brûle la peau au moindre frôlement.

Animal Risque au contact À retenir
Poisson-pierre Piqûre par les épines dorsales Se confond avec la roche
Poisson-lion Piqûre par les épines des nageoires Ne fuit pas toujours, garde ta distance
Poulpe à anneaux bleus Morsure venimeuse Urgence médicale
Corail de feu Brûlure urticante Hydraire, malgré son nom
Poisson-globe Faible au toucher Toxine dangereuse surtout s’il est mangé

Le poisson-pierre pose un problème particulier. Il se confond avec la roche, si bien qu’une main posée « pour se stabiliser » peut tomber dessus sans que tu l’aies vu. Cependant, l’ancienne version de cet article mélangeait des risques très différents. Le poisson-globe, par exemple, est surtout dangereux quand on le mange, car sa toxine se concentre dans certains organes. Le toucher le stresse. Quant aux nudibranches, la plupart ne piquent pas, mais certaines espèces gardent les cellules urticantes des proies qu’elles mangent.

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Si tu es piqué ou mordu, préviens tout de suite ton guide.

Pour les méduses, on a détaillé les gestes qui soulagent dans notre article que faire en cas de piqûre de méduse. Une morsure de poulpe à anneaux bleus ou une piqûre de poisson-pierre relève d’une prise en charge médicale urgente, quelle que soit la douleur ressentie au départ.

Que disent les règles dans les aires marines protégées ?

Elles changent d’un site à l’autre. À Flower Garden Banks, la NOAA indique que prélever quoi que ce soit est contraire au règlement du sanctuaire, sauf la pêche à la ligne, et que tout contact physique avec les raies et les requins-baleines est interdit. Sur la Grande Barrière, le GBRMPA découpe le parc en zones aux règles différentes.

Ainsi, une activité libre dans une zone peut demander un permis dans la zone voisine. Le GBRMPA conseille de vérifier ce qui est permis dans ta zone, avec son application Eye on the Reef par exemple. Le mouillage suit la même logique. La NOAA interdit l’ancre à Flower Garden Banks et rappelle qu’une ancre peut détruire en un instant des décennies, voire des siècles de croissance du corail. En Méditerranée française, le Parc national de Port-Cros publie sa propre réglementation pour ses espaces marins. Elle évolue, alors on ne la recopie pas ici.

Pour ton prochain site, impossible à trancher d’ici : lis le règlement du parc et écoute le briefing, qui doit en parler.

Un briefing qui ne dit rien des règles locales mérite une question. Tu ne gênes personne en la posant.

Comment régler ta flottabilité pour ne toucher à rien ?

En travaillant ton lestage et ta position avant d’approcher le récif. La NOAA demande de garder le contrôle de ta flottabilité et de flotter juste au-dessus du récif, sans t’y poser. Elle conseille aussi d’éviter de te poser sur le sable, sauf urgence, parce que des animaux vivent là aussi.

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Or, dans la scène hypothétique du début, la main part pour rattraper un déséquilibre. Trop lourd, ton lestage te tire vers le fond. Un gilet trop gonflé te fait remonter, et tu compenses en palmant vers le bas, ce qui soulève le sable et rapproche tes palmes des coraux. Si tu débutes, demande un point de lestage au club avant la première plongée. Un exercice de stabilisation, encadré et au-dessus d’une zone de sable choisie par le guide, prend quelques minutes.

Garde aussi tes accessoires près du corps, car une console, un octopus ou une lampe qui pend au bout de son mousqueton frotte le fond sans que tu le sentes, surtout quand tu te tournes pour regarder ta palanquée.

Pour comprendre ce que tu protèges, notre guide complet sur le corail explique comment vivent ces animaux. Le contact reste un impact parmi d’autres, et l’article sur la crème solaire et les fonds marins traite d’un autre geste du quotidien. Le coût réel d’un bon réglage tient en quelques minutes à la surface.

FAQ

Est-ce grave de toucher un corail une seule fois ?

Le GBRMPA indique que le contact physique peut conduire à la maladie et à la mort du corail. Un seul geste n’a pas toujours un effet visible, mais il s’ajoute à ceux des autres plongeurs. Le plus simple reste de ne pas toucher du tout.

Peut-on ramasser des coquillages dans une aire marine protégée ?

Souvent non. À Flower Garden Banks, la NOAA indique que prélever quoi que ce soit est contraire au règlement, et le GBRMPA demande de se limiter aux photos. Ailleurs, vérifie le règlement local avant de partir.

Que faire si je touche un animal par accident ?

Écarte-toi doucement sans palmer vers le fond, puis stabilise-toi. Si tu sens une brûlure ou une douleur, préviens ton guide et suis la procédure de bord. Une piqûre de poisson-pierre ou une morsure de poulpe à anneaux bleus demande une prise en charge médicale urgente.

Peut-on nourrir les poissons pour les photographier ?

Le GBRMPA demande de ne pas nourrir la faune, car cela modifie ses comportements naturels. Un poisson habitué à être nourri peut revenir vers les mains des plongeurs. Garde ta distance et laisse l’animal décider.

Sources

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