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Formation RIFAP : les gestes de premiers secours propres à la plongée

Par la rédaction Spotmydive · 14 août 2025

Formation RIFAP : les gestes de premiers secours propres à la plongée

En mai 2026, la FFESSM a mis en ligne une nouvelle version du manuel qui encadre le RIFAP, le brevet de secourisme propre à la plongée. Le document tient en quelques pages. Il fixe pourtant tout ce qu’un club doit enseigner avant de délivrer la carte.

Imagine une scène hypothétique. Un plongeur refait surface en se plaignant d’une douleur, le bateau roule et la palanquée suivante est encore au fond. Qui ouvre la bouteille d’oxygène, qui compte les plongeurs, qui appelle les secours ?

On a repris ce que dit le manuel fédéral et ce que rappelle le Divers Alert Network sur l’oxygène. Pas de promesse, juste le cadre officiel et les questions à poser au club.

Cet article informe, il ne remplace pas l’avis d’un médecin compétent en médecine de plongée.

À quoi sert le RIFAP quand un accident survient ?

Le RIFAP sert à tenir la chaîne de secours entre le moment où un plongeur va mal et l’arrivée des secours. Le manuel FFESSM le découpe en sept compétences, de la communication dans l’eau jusqu’à l’alerte, en passant par l’oxygène. On n’y apprend pas la médecine. On y apprend à ne pas perdre de minutes.

Depuis la version de mai 2026, le manuel parle de « Réactions et Interventions Face aux Accidents Subaquatiques », spécialité plongée sous-marine. Le RIFA forme un tronc commun de secourisme partagé avec l’apnée, la nage avec palmes ou le hockey subaquatique. Chaque discipline y ajoute ses propres gestes. Pour la plongée, ce sont la communication entre plongeurs, la mise en sécurité de la victime et la récupération de la palanquée. Le sigle RIFAP reste celui que tout le monde emploie en club.

Bref, c’est un brevet de secourisme taillé pour le bateau et le bord de l’eau.

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Mais l’enjeu tient surtout au contexte, parce qu’un accident de plongée arrive souvent loin d’une route, sur un bateau qui bouge, avec une palanquée encore dans l’eau et des secours qui mettront du temps à venir. Quelqu’un doit savoir quoi faire en premier.

Qui peut s’inscrire au RIFAP et quand devient-il obligatoire ?

Il faut avoir au moins 12 ans, une licence FFESSM en cours de validité et un certificat d’absence de contre-indication à la plongée conforme à la réglementation fédérale, que le club te demandera dès l’inscription. Aucun niveau minimum n’est exigé. Un mineur présente une autorisation écrite de son représentant légal.

L’ancienne version de cette page réservait la formation aux plongeurs déjà titulaires du niveau 1. On corrige. Dans les faits, beaucoup de clubs proposent le RIFAP pendant ou après la formation niveau 1 FFESSM, ce qui reste un bon moment pour l’apprendre.

Diplôme FFESSM visé RIFAP selon le manuel (mai 2026)
Plongeur niveau 2 Facultatif
Plongeur niveau 3 Obligatoire
Guide de palanquée, niveau 4 Obligatoire
Initiateur (E1) Obligatoire

Le RIFAP devient donc obligatoire à partir du niveau 3.

Ainsi, le plongeur niveau 2 peut s’en passer, alors que le niveau 3, le guide de palanquée et l’initiateur doivent présenter la carte pour obtenir leur diplôme. Le manuel précise que les titulaires du PSE1 possèdent déjà les compétences 4, 5 et 6. Même chose pour les médecins, les infirmiers hyperbaristes et les infirmiers anesthésistes licenciés. Ils complètent avec les compétences propres à la plongée. Rien ne t’oblige à attendre le niveau 3 pour t’y mettre, et on trouve même plutôt sain qu’un plongeur encadré sache aider celui qui l’encadre.

Que contiennent les sept compétences du RIFAP ?

Le manuel découpe la formation en sept capacités. Les trois premières sont propres à la plongée : communiquer et sécuriser en surface, tracter et sortir la victime de l’eau, récupérer les autres plongeurs. Les quatre autres forment le tronc commun.

Compétence Contenu résumé
C1 Communiquer entre plongeurs, reconnaître la détresse, sécuriser en surface
C2 Tracter la victime, la déséquiper, la sortir de l’eau
C3 Récupérer la palanquée, relever les paramètres, remplir la fiche de sécurité
C4 Coordonner les rôles et le retour des plongeurs
C5 Reconnaître un malaise ou un accident, évaluer les fonctions vitales, gestes de base
C6 Appliquer les recommandations médicales fédérales, administrer l’oxygène, surveiller
C7 Connaître la chaîne de secours, alerter, transmettre le message
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La durée globale annoncée par le manuel est de 14 heures, dont au moins 8 pour les compétences 4, 5 et 6. Le prix dépend du club. Les compétences 1, 2 et 3 sont validées par un encadrant licencié, au minimum initiateur. Les compétences 5 et 6 relèvent d’un titulaire de la qualification ANTEOR ou d’un médecin fédéral. Les deux peuvent valider la 4 et la 7.

Pourtant, la compétence 3 est celle que les plongeurs loisirs connaissent le moins.

Récupérer la palanquée veut dire compter les plongeurs encore dans l’eau, relever leurs paramètres de plongée et remplir la fiche de sécurité, pendant que d’autres s’occupent de la victime. Un plongeur qui remonte seul après un incident peut lui aussi avoir besoin d’aide. Notre guide de formation à l’orientation en plongée montre combien une palanquée se disperse vite quand les repères manquent.

Pourquoi l’oxygène tient-il une place si centrale ?

L’oxygène est reconnu comme le premier geste de secours face à un accident de décompression ou à une embolie gazeuse, deux accidents où chaque minute compte avant la prise en charge médicale. Le DAN le rappelait dans Alert Diver en 2014 : il accélère l’élimination de l’azote absorbé pendant la plongée et améliore la circulation. Le manuel RIFAP reprend la recommandation fédérale d’un débit de 15 litres par minute dans toutes les situations.

Le geste change selon l’état de la victime. Si elle respire, elle inhale l’oxygène au masque à haute concentration. Si sa respiration est absente ou insuffisante, on insuffle avec un insufflateur manuel muni d’un réservoir. Le DAN pose trois conditions pour que ça marche : un oxygène à 100 %, un débit adapté et un masque bien ajusté. Une bouteille presque vide ou un masque mal posé annulent une bonne partie du bénéfice.

Cependant, l’oxygène ne remplace pas la suite de la prise en charge.

Il se donne en attendant les secours, et la victime doit ensuite être vue par un médecin, souvent dans un centre équipé d’un caisson hyperbare. Le manuel aborde aussi l’hydratation de la victime selon des critères médicaux précis. On ne les détaille pas ici, car ils s’apprennent en formation, devant un moniteur qui corrige le geste. Sur le bateau, vérifie que le kit existe.

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Comment garder des gestes fiables après le RIFAP ?

Le manuel ne fixe pas de date d’expiration à la carte. Il conseille en revanche de réactualiser ses connaissances aussi souvent que nécessaire, avec trois ans au maximum entre deux remises à niveau. Sans pratique, un geste de secours se dégrade vite, et on le découvre souvent le jour où il faudrait l’utiliser.

Et le stress pèse lourd dans ces minutes-là. Les réflexes décrits dans notre article pour gérer le stress en plongée valent aussi pour le secouriste.

Avant de t’inscrire, pose quelques questions simples au club. Combien d’heures de pratique réelle sur les 14 annoncées ? Les mises en situation se font-elles en piscine seulement ou aussi en milieu naturel, depuis un bateau ? Qui valide les compétences 5 et 6 ? Le club organise-t-il des séances de recyclage ? Une page d’inscription qui ne répond à aucune de ces questions mérite un coup de fil.

Pour aller plus loin, la formation Rescue Diver aux urgences en plongée travaille l’auto-sauvetage dans un autre cursus, et savoir utiliser un parachute de plongée aide le bateau à te repérer en surface.

Le coût réel tient en un week-end de formation et une soirée de révision tous les deux ou trois ans.

FAQ

Le RIFAP est-il obligatoire pour passer le niveau 2 ?

Non. Le manuel FFESSM de mai 2026 le classe comme facultatif pour le niveau 2. Il devient obligatoire pour le niveau 3, le guide de palanquée niveau 4 et l’initiateur.

À partir de quel âge peut-on suivre le RIFAP ?

Dès 12 ans, avec une licence FFESSM valide et un certificat d’absence de contre-indication à la plongée. Un mineur doit fournir une autorisation écrite de son représentant légal.

Le RIFAP a-t-il une durée de validité ?

La carte n’a pas de date d’expiration. Le manuel conseille en revanche de réactualiser ses connaissances, avec trois ans au maximum entre deux remises à niveau.

Un secouriste titulaire du PSE1 doit-il tout refaire ?

Non. Le manuel considère que le titulaire du PSE1 possède déjà les compétences 4, 5 et 6. Il lui reste à acquérir les compétences propres à la plongée et l’alerte, soit les compétences 1, 2, 3 et 7.

Sources

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