En 2000, une équipe réunie par Conservation International a passé 26 jours à inventorier 57 sites de la province de Milne Bay, à l’est de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Le rapport, publié en 2003, compte 418 espèces de coraux durs pour cette seule campagne.
Ce chiffre parle mieux que les superlatifs.
Notre ancienne page annonçait « plus de 600 espèces de coraux », une visibilité « remarquable toute l’année » et un hippocampe pygmée vu à 3 mètres, sans la moindre source. On a tout repris, sites, saison et sécurité compris. Ce qui ne se vérifie pas d’ici est signalé comme tel.
Où plonger en Papouasie-Nouvelle-Guinée ?
Les zones de plongée les plus citées sont la province de Milne Bay à l’est, la Nouvelle-Bretagne, la Nouvelle-Irlande autour de Kavieng, Tufi dans la province d’Oro, puis Madang et Wewak sur la côte nord. Elles sont éloignées les unes des autres, et on les rejoint en avion intérieur puis en bateau.
| Zone | Ce qu’on peut affirmer | Point de vigilance (France Diplomatie) |
|---|---|---|
| Milne Bay (Louisiades, Conflict, D’Entrecasteaux) | Inventaire scientifique de 2000 sur 57 sites | Actes de piraterie possibles dans la région, vigilance renforcée à Alotau |
| Nouvelle-Bretagne | Aucune donnée de conditions datée trouvée | Île parmi les plus exposées aux séismes et aux éruptions |
| Nouvelle-Irlande (Kavieng) | Aucune donnée de conditions datée trouvée | Île parmi les plus exposées aux séismes et aux éruptions |
| Tufi (province d’Oro) | Aucune donnée de conditions datée trouvée | Pas de mention particulière |
| Madang et Wewak | Aucune donnée de conditions datée trouvée | Vigilance renforcée dans ces deux villes |
Ce tableau ne classe rien.
Il résume ce qu’on peut affirmer aujourd’hui pour chaque zone, et ce qui manque encore. Les pages d’opérateurs promettent des récifs vierges un peu partout, des courants « puissants » en Nouvelle-Bretagne et des épaves de la guerre du Pacifique, mais elles datent rarement leurs observations. Or une description sans date ne dit rien de la semaine où tu partiras. Le pays a bien connu cette guerre. Pour une épave précise, demande au centre sa profondeur, son état connu, la date de la dernière sortie et le niveau qu’il exige, au lieu de te fier à une liste recopiée d’un site à l’autre.
On a retiré la mention « plongée profonde et technique » associée à Wewak dans l’ancienne version, faute de source. Pour comparer avec une zone voisine du même Triangle de corail, mieux documentée côté conditions, regarde notre page sur la plongée autour de Palawan, aux Philippines.
Que dit l’inventaire scientifique de Milne Bay ?
Le rapport RAP n° 29 de Conservation International (2003) recense 418 espèces de coraux scléractiniaires sur 57 sites visités du 30 mai au 24 juin 2000. En cumulant les campagnes de 1997 et de 2000, il compte 1 109 espèces de poissons de récif, le total le plus élevé de la région mélanésienne selon les auteurs.
Ce sont des chiffres de chercheurs, avec une méthode.
Le jeu de données des coraux, archivé par l’Institut australien des sciences marines, précise le protocole : en général une seule plongée de 70 minutes par site. Les sites couvrent la côte de la province, les îles D’Entrecasteaux, le groupe Amphlett, les Louisiades et les îles Conflict. Le rapport affirme que ces 418 coraux représentent plus de la moitié des espèces connues dans le monde. Ce sont ses mots, pas les nôtres. Il ne faut pas les lire comme une promesse de voir tout ça en une semaine.
Pourtant, le même document décrit aussi des récifs sous pression, avec du blanchissement surtout dans le nord de la zone étudiée, de l’envasement venu des terres et une surexploitation des bénitiers et des holothuries, alors que la pêche y semblait très légère sur la plupart des sites.
Pour comprendre ce que le blanchissement change à un récif, lis notre page sur le corail qui blanchit. Ces observations ont plus de vingt ans. L’état actuel est impossible à trancher d’ici.
Quelle saison et quelles conditions attendre ?
Aucune source officielle consultée ne fixe une meilleure saison pour plonger en Papouasie-Nouvelle-Guinée. La période « d’avril à décembre » de notre ancienne page n’était pas sourcée. Seule donnée datée : pendant la campagne de mai et juin 2000 à Milne Bay, l’eau allait d’environ 26 à 30 °C.
Et la visibilité ?
Le même rapport mesure entre 3 et 25 mètres, avec une moyenne de 10 mètres seulement. C’est loin, très loin, de la visibilité « remarquable toute l’année » qu’on lisait sur notre ancienne page. Ces mesures valent pour une saison, une année et une zone. Elles ne décrivent ni la Nouvelle-Bretagne ni Kavieng. Et une eau claire ne dit rien du courant, de la mise à l’eau ou de la distance avec le premier hôpital, trois points qui pèsent bien plus sur ta sécurité qu’une belle photo.
Demande au centre ou au bateau les conditions qu’il a notées l’an dernier à la même période.
Un opérateur sérieux peut te dire quelles zones il évite selon le vent, combien de jours il a annulés et ce qu’il propose quand un site devient impraticable. S’il répond par une photo turquoise, tu sais au moins ce qui manque.
Quelle est la situation sécuritaire pour un voyage plongée ?
La fiche Conseils aux voyageurs de France Diplomatie (validité indiquée au 18 mai 2024, consultée le 3 octobre 2026) décrit un pays marqué par un taux élevé de criminalité. Elle déconseille les provinces des Highlands sauf raison impérative et demande une grande vigilance à Port Moresby, Lae, Madang, Wewak et Alotau.
Pour un voyage plongée, trois passages comptent.
D’abord, la fiche signale que des actes de piraterie peuvent survenir dans la région de Milne Bay, et que tout déplacement doit s’y inscrire dans un cadre sécurisé. Ensuite, elle cite la Nouvelle-Bretagne et la Nouvelle-Irlande parmi les zones les plus exposées aux séismes et aux éruptions volcaniques. Elle rappelle aussi qu’on compte une vingtaine d’accidents d’avion depuis 2000. Enfin, l’offre de soins est jugée insuffisante. En cas de problème sérieux, il faut prévoir un rapatriement sanitaire, souvent vers Cairns en Australie.
Cependant, la même fiche ne déconseille pas la plongée. Elle demande que la plongée se pratique avec un encadrement professionnel agréé et un équipement homologué, ce qui revient à choisir l’opérateur avant la destination.
Côté santé, elle recommande un traitement préventif contre le paludisme et signale la dengue sur les côtes. Vois-en le détail avec un médecin avant de partir.
Pour quel niveau et que vérifier avant de réserver ?
Aucun niveau minimal officiel n’est publié pour le pays. Ce qui pèse le plus, c’est l’isolement : un incident de plongée loin d’un centre de soins se gère avec ce qu’il y a à bord. C’est donc l’opérateur, son matériel d’urgence et son plan d’évacuation qui décident si un débutant peut y aller.
Pour quel niveau ? Celui que le moniteur jugera sur place.
Avant de verser le moindre acompte, pose au centre ou au bateau quelques questions très précises, par écrit si possible. Quel niveau et quelle expérience exige-t-il pour chaque site ? Le bateau embarque-t-il de l’oxygène, une trousse de secours et un moyen de communication par satellite ? Quelle assurance accepte-t-il, et couvre-t-elle un rapatriement depuis une île isolée ? Que se passe-t-il si une zone est fermée ou si la mer interdit la sortie ? Si les réponses restent floues, la beauté du site ne compense pas.
Mais ton propre matériel compte aussi : sur des sites où le bateau peut te perdre de vue, un parachute de palier que tu sais déployer n’a rien d’un gadget.
Sur place, garde aussi en tête les règles pour observer sans déranger, parce que des récifs aussi peu fréquentés encaissent mal les coups de palme. Si tu hésites encore entre plusieurs destinations du Triangle de corail, compare avec Sipadan, en Malaisie. Bref, la Papouasie-Nouvelle-Guinée se mérite. Le coût concret tient en quelques jours supplémentaires pour absorber un vol annulé, une assurance qui couvre vraiment une évacuation et un budget d’opérateur plus élevé. Le réserverais-tu ainsi ?
FAQ
Quelle est la meilleure saison pour plonger en Papouasie-Nouvelle-Guinée ?
Aucune source officielle consultée ne fixe de meilleure saison. Le seul repère daté vient de la campagne scientifique de mai et juin 2000 à Milne Bay, avec une eau entre 26 et 30 °C. Demande au centre ses relevés de l’an dernier à la même période.
La Papouasie-Nouvelle-Guinée est-elle dangereuse pour un voyage plongée ?
France Diplomatie décrit un taux élevé de criminalité, déconseille les Highlands sauf raison impérative et signale des actes de piraterie possibles à Milne Bay. La fiche ne déconseille pas la plongée, mais demande un encadrement professionnel agréé. Lis la version la plus récente avant de réserver.
Combien d’espèces de coraux et de poissons trouve-t-on à Milne Bay ?
Le rapport de Conservation International (2003) recense 418 espèces de coraux durs sur 57 sites en 2000. Il compte 1 109 espèces de poissons de récif en cumulant les campagnes de 1997 et 2000. Ce sont des inventaires de chercheurs, pas ce qu’on voit en une semaine.
Un débutant peut-il plonger en Papouasie-Nouvelle-Guinée ?
Aucun niveau minimal officiel n’est publié pour le pays. L’isolement des sites et l’éloignement des soins pèsent plus que la profondeur. C’est au moniteur de juger sur place, et à toi de vérifier l’oxygène à bord et le plan d’évacuation.
Sources
- A Rapid Marine Biodiversity Assessment of Milne Bay Province, Papua New Guinea, Survey II (2000), RAP Bulletin of Biological Assessment 29 (Conservation International, 2003)
- Conseils aux voyageurs : Papouasie-Nouvelle-Guinée (ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, 2024)



