Le 24 septembre 1944, des avions de la Troisième flotte américaine attaquent les navires japonais abrités dans la baie de Coron, au nord de Palawan. Leurs coques sont toujours là.
Notre ancienne page vendait Palawan avec des requins-tigres, un dugong « observé en 2018 » et des eaux toujours cristallines. Aucun de ces éléments n’était sourcé. On a donc repris l’article avec notre grille habituelle : niveau, courant, saison, encadrement et plan de repli.
Coron, El Nido et Tubbataha ne se préparent pas de la même façon. Le tableau de la première partie les compare.
Quel niveau faut-il pour plonger à Palawan ?
Tout dépend de la zone. Les récifs côtiers d’El Nido accueillent des débutants encadrés sur leurs sites abrités, alors que les épaves profondes de Coron demandent au minimum le niveau Advanced selon Divernet, plus une formation épave pour entrer dans les coques. Tubbataha se plonge seulement en croisière, loin de tout secours rapide.
| Zone | Accès | Niveau indicatif | Courant | Saison indicative | Plan de repli |
|---|---|---|---|---|---|
| El Nido, baie de Bacuit | Bateau à la journée depuis El Nido | Débutant encadré à confirmé, selon le site | Variable selon la marée, à demander au briefing | Mousson à surveiller, impossible à trancher d’ici | Sites abrités de la baie si la mer se forme |
| Coron, épaves de 1944 | Bateau à la journée depuis Coron | Advanced minimum, formation épave pour pénétrer (Divernet, 2016) | Forts courants de marée dans les passes (Divernet, 2016) | À vérifier auprès du centre | Épaves moins profondes ou journée sans plongée |
| Tubbataha, parc en pleine mer de Sulu | Croisière de 10 à 12 heures depuis Puerto Princesa (Tubbataha Management Office) | Plongeurs autonomes expérimentés, critères fixés par chaque bateau | Au large, à préciser au briefing | Fenêtre courte autour de mars à juin (Ramsar, 2012) | Aucun sur place : report ou annulation par l’opérateur |
Ce tableau reste indicatif.
Les niveaux qu’on y donne viennent de sources publiques, et aucun règlement unique ne les fixe pour toute la province. Or chaque centre pose ses propres exigences. Demande-lui par écrit le niveau minimal, le nombre de plongées exigé depuis ton dernier brevet et la profondeur maximale prévue pour chaque site. Si le centre te propose une plongée de réadaptation avant les épaves profondes, prends-la (on le ferait sans hésiter). La photo du lagon ne dit rien du courant.
Pour quel niveau ? C’est la première question à poser, avant même le prix.
Que voit-on sur les épaves japonaises de Coron ?
Des navires japonais coulés lors du raid américain du 24 septembre 1944. Divernet (décembre 2016) cite l’Okikawa Maru, un pétrolier posé droit vers 26 mètres, l’Akitsushima, un ravitailleur d’hydravions, vers 36 mètres, et l’Irako, un navire frigorifique, vers 43 mètres. Ces profondeurs restent indicatives.
L’attaque venait de la Troisième flotte de l’amiral Halsey. Divernet compte 96 chasseurs Hellcat et 24 bombardiers en piqué Helldiver lancés contre la baie et l’île voisine de Busuanga. Le Teru Kaze Maru, un petit chasseur de sous-marins, se plonge entre 3 et 22 mètres. C’est la seule épave de cette liste à portée d’un débutant encadré.
Mais une épave profonde ne se résume pas à un chiffre. À 36 ou 43 mètres, tu sors des limites de nombreux brevets de premier niveau, et ton temps sans palier fond très vite. Divernet ajoute que les passes entre les îles subissent de forts courants pendant les échanges de marée. La visibilité moyenne y tourne autour de 6 à 9 mètres, et elle dépasse parfois 30 mètres avant de tomber à quelques mètres d’autres jours, selon le même article. Une eau claire ne rend jamais une pénétration plus sûre.
Entrer dans une coque reste une autre plongée, qui demande une formation épave et un guide qui connaît l’intérieur.
Dans une cale, un lest bien réglé t’évite de soulever le limon. Si tu remontes en pleine eau au milieu de la baie, un parachute de palier aide le bateau à te repérer. Demande le plan de chaque épave au briefing.
El Nido et la baie de Bacuit conviennent-ils aux débutants ?
En partie. Les sorties à la journée dans la baie de Bacuit comptent des sites abrités et peu profonds, adaptés à un premier pas encadré. D’autres sites, plus exposés, se plongent avec du courant. Personne ne peut dire d’ici lesquels seront ouverts le jour de ton voyage, car le vent et la marée décident chaque matin.
Notre ancienne version promettait des tortues, des raies et même des dugongs. On a retiré ces promesses.
Ainsi, la faune d’un récif côtier change d’une sortie à l’autre, et aucune source consultée ne garantit une rencontre précise dans la baie. Le dugong « observé en 2018 » n’a pas pu être recoupé, il disparaît donc de l’article. Garde aussi tes distances avec ce que tu croises, et relis pourquoi il ne faut jamais toucher la vie marine, même un corail qui semble mort ou déjà abîmé. Un débutant gagne surtout à demander combien de plongeurs partagent le guide. Le chiffre compte plus que le nom du site.
Si une partie du groupe ne plonge pas, la baie se prête aussi à la randonnée palmée, comme beaucoup des meilleures destinations de snorkeling que nous avons comparées.
Puerto Princesa et sa baie de Honda proposent aussi des sorties plus tranquilles. Elles restent une option de repli si la mer se forme au nord, à confirmer auprès d’un centre local avant de réserver. Si c’est la petite faune qui t’attire, regarde aussi Anilao et sa plongée macro, au sud de Manille.
Comment se passe une croisière à Tubbataha et combien coûte l’entrée ?
Uniquement en croisière, car le parc n’a aucune installation à terre. Les bateaux partent de Puerto Princesa et mettent 10 à 12 heures pour rejoindre les récifs, selon le Tubbataha Management Office. Le formulaire de permis 2026 du parc affiche une redevance de 5 000 pesos par visiteur, un montant à revérifier au moment de réserver.
Le site est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1993.
Son périmètre a été étendu en 2009 et couvre 96 828 hectares en pleine mer de Sulu, d’après la fiche de l’UNESCO. Il regroupe deux atolls, North et South, et le récif Jessie Beazley. Pourtant ce statut ne dit rien de la météo du jour. Une étude de cas Ramsar de 2012 situait la saison de plongée de mars à juin, et beaucoup d’opérateurs annoncent leurs départs de mi-mars à mi-juin. Recoupe toujours ce calendrier avec celui des bateaux accrédités pour l’année de ton voyage.
La redevance a bougé. La même étude Ramsar parlait de 3 000 pesos par visiteur en 2012, et le formulaire 2026 du parc indique 5 000 pesos, avec une exonération pour les moins de 12 ans. Ces sommes s’ajoutent au prix de la croisière. Le site du parc situe ce prix entre 1 000 et plus de 4 000 dollars, selon l’opérateur et la durée.
Le vrai sujet reste l’isolement, à une dizaine d’heures de mer du premier port, sans repli possible si un plongeur se blesse ou si la météo tourne pendant la croisière.
Pose donc la question du plan d’évacuation à l’opérateur. Si tu hésites entre deux parcs isolés, compare avec Sipadan et son quota de permis, ou relis notre page dédiée aux récifs de Tubbataha.
Typhons, eTravel et caisson : que vérifier avant de réserver ?
Vérifie trois choses avant de payer. La saison des typhons et de la mousson pour tes dates, ta déclaration eTravel, gratuite et obligatoire à l’arrivée comme au départ, puis l’accès réel à un caisson hyperbare depuis la zone choisie. Le dernier point reste le plus difficile à confirmer d’ici.
Commence par la météo. Notre ancienne page situait la saison des pluies de juillet à octobre, une fourchette plausible mais sans source datée. Les Philippines reçoivent chaque année des typhons, et Palawan n’en est pas protégée. Consulte les bulletins de l’agence météo nationale, PAGASA, dans les jours qui précèdent ton départ, car un report de croisière ou de sortie se joue souvent la veille.
Et l’administratif ne pardonne pas.
Depuis le 15 avril 2023, tout passager qui arrive aux Philippines ou qui en part doit remplir eTravel, d’après un avis du ministère philippin des Affaires étrangères. La déclaration se fait dans les 72 heures avant le vol, et au plus tard trois heures avant. Elle est gratuite sur le site officiel etravel.gov.ph. Méfie-toi des sites payants qui l’imitent.
Reste le caisson. On n’a pas pu confirmer d’ici l’adresse d’un caisson hyperbare en service à Palawan, ni son délai d’accès depuis Coron ou El Nido. Demande au centre, par écrit, où se trouve le caisson le plus proche, combien de temps prend une évacuation et s’il emporte de l’oxygène à bord. Vérifie aussi que ton assurance couvre le rapatriement depuis une croisière en pleine mer. Garde ces réponses avec ton billet.
Une journée de marge entre ta dernière plongée et ton vol, une réponse écrite sur le caisson et une croisière Tubbataha réservée avec une date de repli te coûtent du temps et un peu d’argent. Le réserverais-tu ainsi ?
FAQ
Peut-on plonger à Palawan toute l’année ?
Les sorties côtières d’El Nido et de Coron fonctionnent sur une grande partie de l’année, selon la météo du jour. Tubbataha n’ouvre qu’une fenêtre courte, autour de mars à juin d’après une étude Ramsar de 2012. Vérifie les bulletins PAGASA avant chaque départ.
Faut-il le niveau Advanced pour plonger sur les épaves de Coron ?
Divernet (2016) recommande au minimum le niveau Advanced pour les épaves profondes, et une formation épave pour entrer dans les coques. Le Teru Kaze Maru, entre 3 et 22 mètres, fait exception. Le centre fixe la règle au briefing.
Combien coûte l’entrée au parc de Tubbataha ?
Le formulaire de permis 2026 du parc indique 5 000 pesos par visiteur, avec une exonération pour les moins de 12 ans. Cette redevance s’ajoute au prix de la croisière. Revérifie le montant sur le site officiel du parc avant de payer.
Les enfants peuvent-ils plonger à Palawan ?
Les âges minimaux dépendent de l’organisme de formation et du centre. Pour un enfant, une sortie snorkeling sur un site abrité d’El Nido reste l’option la plus simple, avec un encadrement à vérifier. L’exonération de redevance à Tubbataha ne dit rien de l’aptitude d’un enfant à une croisière au large.
Sources
- Attack on Coron Bay (Divernet, magazine de plongée, 16 décembre 2016)
- Permits and Fees (Tubbataha Reefs Natural Park, Tubbataha Management Office, formulaire 2026, consulté le 3 octobre 2026)



