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Étoile de mer : espèces, régénération et menaces, ce qu’on sait vraiment

Par la rédaction Spotmydive · 6 mars 2024

Étoile de mer : espèces, régénération et menaces, ce qu’on sait vraiment

En décembre 2020, l’UICN a inscrit l’étoile de mer tournesol, Pycnopodia helianthoides, en danger critique d’extinction. Cette espèce qui peut mesurer près d’un mètre de diamètre était commune de l’Alaska au Mexique. Elle a perdu plus de 90 % de ses effectifs en quelques années.

Ce chiffre en dit long sur un animal qu’on croit connaître parce qu’on l’a vu sur une carte postale. On a donc repris notre ancien article de fond en comble. Les chiffres impossibles à vérifier sont partis, la recherche récente est arrivée.

Voici ce qu’on sait. Et ce qu’on ignore encore.

Combien d’espèces d’étoiles de mer existe-t-il ?

On compte près de 1 900 espèces actuelles d’étoiles de mer, réparties en 36 familles et environ 370 genres, selon le recensement de Christopher Mah et Daniel Blake publié en 2012 dans PLoS ONE à partir de la base mondiale des astérides du registre WoRMS. Elles forment la classe des astérides, chez les échinodermes.

Aucun lien avec les poissons.

Une étoile de mer n’a ni colonne vertébrale ni nageoires. Ses plus proches cousins sont les oursins et les holothuries. Son squelette se compose de petites plaques calcaires noyées dans la peau, ce qui explique sa texture rugueuse au toucher. Mais le groupe occupe tous les étages de l’océan, de la zone de balancement des marées jusqu’à environ 6 000 mètres de fond, d’après la même étude. La famille la plus riche est celle des Goniasteridae. Beaucoup d’espèces attendent encore une description.

Notre ancienne version parlait de 40 familles et 350 genres : on a aligné les chiffres sur la publication de référence, ce qui reste plus honnête qu’un total recopié de site en site sans date ni auteur.

Comment une étoile de mer vit-elle sans cerveau ?

Une étoile de mer n’a pas de cerveau centralisé. Un anneau nerveux autour de la bouche, relié à un nerf qui court le long de chaque bras, coordonne ses déplacements, et un réseau de canaux remplis d’eau de mer actionne des centaines de petits pieds tubulaires placés sous les bras.

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Ce circuit hydraulique s’appelle le système aquifère. Il fait avancer l’animal et le maintient collé au rocher. Les pieds tubulaires, ou podia, adhèrent au support par une sécrétion chimique puis s’en détachent à la demande. Au bout de chaque bras, un petit œil rudimentaire, l’ocelle, perçoit la lumière et de grandes formes comme un pan de récif. Ça suffit pour s’orienter. Pour manger, beaucoup d’espèces font sortir leur estomac par la bouche et digèrent la proie sur place, à l’extérieur du corps.

Pourtant, l’animal n’a ni avant ni arrière fixe, puisque n’importe quel bras peut prendre la tête du mouvement.

Les méduses, autre groupe sans cerveau, posent le même genre d’énigme, et on en a rassemblé quelques exemples dans nos 10 choses incroyables à savoir sur les méduses. La comparaison s’arrête là.

Une étoile de mer peut-elle vraiment se régénérer ?

Oui, la plupart des étoiles de mer peuvent perdre un bras et le refaire. Certaines vont beaucoup plus loin : chez les Linckia, un bras détaché peut reconstituer un animal entier, comme l’a documenté le Florida Museum of Natural History avec ses étoiles en « comète », un long bras suivi de quatre petits bras en train de repousser.

L’animal peut aussi lâcher un bras de lui-même quand un prédateur le tient. On parle d’autotomie. Ce réflexe figure parmi les mécanismes de défense des animaux marins qu’on a recensés ailleurs. Chez la plupart des espèces, un fragment doit garder une partie du disque central pour survivre. Or la repousse coûte cher en énergie, et pendant des mois une partie des réserves part dans le nouveau bras plutôt que dans la croissance ou la reproduction.

Sa durée varie selon l’espèce, la température et la nourriture.

On ne donnera donc pas de délai universel, faute de chiffre fiable qui vaille pour 1 900 espèces. Les belles vidéos accélérées montrent un résultat, rarement le temps réel.

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Qu’est-ce que la maladie du dépérissement des étoiles de mer ?

Le dépérissement des étoiles de mer, ou sea star wasting, est une épidémie apparue en 2013 sur la côte pacifique de l’Amérique du Nord. Les animaux malades se couvrent de lésions, perdent leurs bras puis se désagrègent. Plusieurs espèces ont été touchées, et l’étoile tournesol a payé le prix le plus lourd.

Une étude menée par l’université d’État de l’Oregon et The Nature Conservancy, publiée en décembre 2020, a compilé plus de 61 000 relevés issus de 31 jeux de données. Déclin mesuré : 90,6 %. Environ 5,75 milliards d’individus seraient morts. L’UICN a classé l’espèce en danger critique la même année. Aux États-Unis, la NOAA a proposé en mars 2023 de l’inscrire comme espèce menacée au titre de l’Endangered Species Act, et sa fiche la présentait toujours comme « proposée » quand on l’a consultée le 3 octobre 2026.

Et la cause a longtemps résisté aux chercheurs.

En août 2025, une équipe de l’Institut Hakai, de l’université de la Colombie-Britannique et de l’université de Washington a identifié dans Nature Ecology & Evolution une bactérie, Vibrio pectenicida (souche FHCF-3), comme agent de la maladie chez l’étoile tournesol. La NOAA rappelle que le rôle des vagues de chaleur marines reste à l’étude. Ça compte pour la suite. Moins d’étoiles tournesol veut dire plus d’oursins, et des oursins en surnombre rasent les forêts de kelp.

Pourquoi l’acanthaster est-elle traquée sur la Grande Barrière ?

L’acanthaster, ou couronne d’épines, est une étoile de mer qui se nourrit de corail vivant. Lors de ses pullulations, elle peut dévaster de grandes surfaces de récif. C’est pour ça que l’autorité du parc marin de la Grande Barrière mène des campagnes de contrôle, par injection directe de produits comme le vinaigre.

Selon la GBRMPA, elle peut approcher le mètre d’envergure. Ses épines sont venimeuses. On a détaillé la méthode dans notre article sur le vinaigre contre l’acanthaster, cette étoile de mer mangeuse de corail. Le contraste avec l’étoile tournesol frappe. D’un côté, une espèce qu’on élimine pour sauver le corail, de l’autre une espèce dont l’absence abîme les forêts de kelp et qu’on cherche à faire revenir.

Cependant, ces campagnes de contrôle répondent à l’urgence sans régler l’origine des pullulations, dont les causes restent discutées par les chercheurs et varient sans doute d’un secteur du récif à l’autre.

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La Grande Barrière de corail encaisse en parallèle les épisodes de blanchissement, et l’acanthaster ajoute une pression supplémentaire sur des récifs déjà affaiblis. Laquelle des deux pèse le plus ? Impossible à trancher d’ici.

Peut-on toucher une étoile de mer en plongée ou en snorkeling ?

Le plus sûr pour l’animal reste de ne pas la toucher et de ne jamais la sortir de l’eau. Elle respire en partie par de minuscules excroissances de la peau, et les manipulations répétées l’exposent à un stress dont elle se passerait très bien.

Si ton club en parle au briefing, c’est cette consigne qui prime. En pratique, si une étoile est posée sur ton passage, stabilise ta flottabilité et garde tes distances. Les platiers découverts à marée basse attirent les familles. C’est là que les étoiles finissent le plus souvent dans un seau ou dans une main d’enfant, le temps d’une photo qui dure bien plus longtemps que prévu. On a regroupé les arguments dans pourquoi tu ne devrais jamais toucher la vie marine.

La photo suffit.

Ainsi, le coût réel de la bonne pratique tient en quelques secondes de patience, un peu de stabilisation et une photo prise sans contact, ce qui ne change rien à ta plongée.

FAQ

Une étoile de mer est-elle un poisson ?

Non. C’est un échinoderme, cousin des oursins et des holothuries. Elle n’a ni colonne vertébrale ni nageoires.

Combien de temps vit une étoile de mer ?

Ça dépend beaucoup de l’espèce, et les données solides sont rares. On a retiré de notre ancienne version le chiffre de 35 ans, faute de source vérifiable.

Une étoile de mer coupée en deux donne-t-elle deux étoiles ?

Parfois, selon l’espèce et la découpe. En général, un fragment doit garder une partie du disque central pour survivre, sauf chez des genres comme Linckia, où un bras seul peut repartir. Ne le teste jamais sur un animal sauvage.

Pourquoi l’étoile de mer tournesol est-elle en danger critique ?

Une épidémie de dépérissement apparue en 2013 a fait chuter sa population d’environ 90 %. L’UICN l’a classée en danger critique en 2020. Une bactérie, Vibrio pectenicida, a été identifiée comme agent de la maladie en 2025.

Sources

Photo : Frédéric Ducarme, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

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