Le manuel de formation technique du niveau 1 de la FFESSM, dans sa version de décembre 2025, liste dix signes conventionnels que tout plongeur doit savoir identifier et réaliser. L’ardoise n’y apparaît pas.
Ce détail remet l’accessoire à sa place. Une ardoise sert à écrire ce que les mains ne savent pas dire. Elle ne remplace aucun geste de sécurité.
On fait ici le tri entre ce que l’ardoise apporte vraiment, les signes à connaître avant de l’emporter et les critères qui comptent au moment de l’acheter. On n’a mené aucun banc d’essai maison et aucun prix n’est recopié d’une fiche produit.
À quoi sert une ardoise de plongée si les signes existent déjà ?
Les signes de la main gèrent la conduite de la plongée et l’urgence : ça va, monter, réserve, panne d’air. L’ardoise prend le relais pour tout ce qu’un geste exprime mal, comme un chiffre précis, le nom d’une espèce, une question sur le parcours ou une consigne d’exercice pendant une formation.
Elle complète les gestes et ne les remplace jamais.
Prends un cas hypothétique. Ton binôme te montre quelque chose au fond et tu ne comprends pas. Avec les mains, vous pouvez mimer longtemps, consommer de l’air et perdre de vue le reste de la palanquée pendant que le guide continue sa route. Avec une ardoise, il écrit « nudibranche à gauche » et vous repartez. Mais l’avantage s’arrête là. Personne ne devrait écrire « plus d’air » sur une ardoise.
Ce message passe par un geste immédiat, que la formation fédérale range parmi les signes conventionnels à réaliser avec exactitude et promptitude. L’ardoise reste donc l’outil du message long et non urgent. Elle a aussi un usage moins visible, en formation, où un moniteur peut noter une consigne ou une correction sans attendre la surface.
Quels signes de plongée connaître avant de sortir l’ardoise ?
Le manuel FFESSM du niveau 1 cite dix signes conventionnels : OK, monter, descendre, ça ne va pas, mi-pression, réserve, panne d’air, essoufflement, froid et fin de plongée ou d’exercice. Ce socle passe avant toute ardoise, parce qu’un geste se fait en une seconde, même dans l’eau trouble.
Pourtant, ces signes ne sont pas parfaitement universels. Le Divers Alert Network l’a raconté dans un article d’Alert Diver paru en 2011, sous la plume d’Eric Douglas. L’auteur explique avoir failli rater une évaluation d’instructeur parce que l’examinateur utilisait le poing fermé comme signe OK. Lui attendait le cercle formé par le pouce et l’index. La comparaison qu’il fait avec les langues tient bien.
Les signes ont leurs dialectes.
Le même article décrit plusieurs façons d’indiquer l’air restant, avec des doigts qui valent des centaines de psi chez les uns et une autre logique chez les autres. Sa recommandation est simple : avant de descendre, parle avec ton binôme pour vérifier que vous comprenez les mêmes signes. C’est là qu’une ardoise prouve son utilité, puisque tu peux y écrire en surface la convention retenue pour la pression ou le demi-tour.
Quels critères regarder pour choisir une ardoise de plongée ?
Le bon modèle dépend de ce que tu vas écrire et de l’endroit où tu le portes. Pour quelques mots en plongée loisir, une petite ardoise de poignet suffit. Pour des schémas, des relevés ou une formation, une surface plus grande ou un carnet à pages immergeables devient plus pratique, au prix d’un objet plus encombrant.
| Format | Usage typique | Point à vérifier |
|---|---|---|
| Ardoise de poignet | Messages courts entre binômes | Fixation qui ne glisse pas sur la combinaison |
| Ardoise d’avant-bras ou rigide | Plan de plongée, schémas, consignes de formation | Rangement sans gêner le gilet |
| Carnet à pages immergeables | Relevés, observations, notes à conserver | Reliure et nombre de pages |
Regarde d’abord le crayon. S’il n’est pas attaché par une cordelette ou un élastique, il finira au fond un jour ou l’autre, et l’ardoise ne servira plus à rien pour le reste de la sortie. Vérifie ensuite que tu peux l’attraper et écrire avec les gants de plongée que tu portes vraiment. Teste aussi la fixation. Une ardoise qui pend au bout d’un mousqueton peut s’accrocher au récif. Ainsi, le meilleur emplacement reste celui que tu atteins sans regarder, même avec des gants épais et un gilet gonflé.
Le reste se juge sur la lisibilité.
Une surface claire et un trait de crayon bien noir se lisent mieux quand la lumière baisse. Or la taille de l’écriture compte autant que celle de l’ardoise, et une petite surface remplie de lettres serrées devient illisible pour un binôme placé à un mètre de toi. Écris gros, en majuscules, avec peu de mots.
Que noter sur ton ardoise avant la mise à l’eau ?
L’ardoise sert surtout en surface, pendant la préparation. Tu peux y reporter ce que le briefing a fixé : profondeur maximale prévue, durée, pression de demi-tour et de retour, signes convenus pour la pression et le parcours. Ces chiffres viennent du guide et du plan de plongée, jamais d’un modèle téléchargé.
Et une ardoise préparée t’évite de calculer au fond.
Tu peux par exemple noter la pression à laquelle tu dois signaler la mi-pression, puis la réserve, en accord avec la palanquée. Pour lire ces valeurs sans hésiter, revois comment fonctionne ton manomètre de plongée et ce qu’il affiche vraiment. La durée prévue se suit avec ta montre de plongée ou ton ordinateur. Ajoute deux ou trois messages tout faits si tu plonges souvent avec le même binôme. Ça raccourcit l’écriture.
Pour la plongée d’observation, une colonne pour les espèces vues aide à retenir ce que tu as croisé, à condition de garder tes distances avec la faune et de ne rien toucher pour écrire, un réflexe que l’on détaille dans pourquoi il ne faut jamais toucher la vie marine.
Sur une sortie plus technique, comme une plongée sur épave au Lavandou, un plan écrit peut aider la palanquée à retrouver le parcours prévu. Il ne remplace ni le guide ni le briefing.
L’ardoise reste-t-elle utile quand la visibilité baisse ?
Moins qu’on ne le croit. Une ardoise se lit à courte distance, avec de la lumière, et elle demande à deux plongeurs de s’arrêter côte à côte. Dans une eau chargée ou de nuit, les signes simples et le contact entre binômes restent plus rapides que l’écrit. Une bonne visibilité ne rend pas non plus une plongée plus sûre.
Cependant, l’ardoise garde une place dans ces conditions, à une seule condition : la consulter avant d’en avoir besoin. De nuit, éclaire la surface avec ta lampe sans éblouir ton binôme. Garde le message à deux ou trois mots. Le temps passé à écrire ou à déchiffrer est du temps où tu ne surveilles ni ta profondeur ni ton air. On préfère donc un message court mal calligraphié à une phrase complète. Bref, l’écrit ralentit.
Pour l’entretien, rince l’ardoise et le crayon à l’eau douce après la plongée et laisse sécher, comme le reste de ton équipement.
Efface les traces de crayon selon la méthode indiquée par le fabricant, avec une gomme ou un tampon doux, pour ne pas rayer la surface. Vérifie la cordelette et la fixation avant chaque sortie. Une ardoise rayée ou un crayon émoussé se remplacent pour peu de frais, alors qu’un message illisible te coûte du temps et de l’air à un moment où tu en as besoin.
FAQ
Une ardoise de plongée remplace-t-elle les signes de la main ?
Non. Les signes conventionnels, comme réserve ou panne d’air, se font en une seconde et restent prioritaires. L’ardoise sert aux messages longs et non urgents.
Les signes de plongée sont-ils les mêmes partout ?
Le socle est proche d’un cursus à l’autre, mais des variantes existent, surtout pour indiquer l’air restant. Le DAN conseille d’en parler avec ton binôme avant de descendre.
Quelle taille d’ardoise choisir pour débuter ?
Une ardoise de poignet suffit pour des messages courts en plongée loisir. Une surface plus grande ou un carnet immergeable se justifie pour la formation, les schémas ou les relevés.
Comment effacer une ardoise de plongée ?
Suis la méthode du fabricant, en général une gomme ou un tampon doux. Rince ensuite l’ardoise et le crayon à l’eau douce et laisse sécher.
Sources
- Manuel de formation technique Plongeur niveau 1 (PE20) (FFESSM, 2025)
- What’s That You Say? (Divers Alert Network, Alert Diver, 2011)
Photo : Massimo Ponti, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0


