Près de 1,4 million d’acanthasters retirées de la Grande Barrière depuis 2012. Le chiffre vient de l’autorité du parc marin australien (GBRMPA), dans une page mise à jour le 26 mars 2026. Et l’outil de base tient dans une seringue.
Une seule injection de vinaigre ménager ou de sels biliaires de bœuf suffit à tuer l’étoile. L’ancienne version de cet article, publiée en 2023, présentait encore la méthode comme une curiosité et qualifiait l’animal d’espèce invasive. On a repris chaque chiffre.
Voici l’état daté du programme, ce que disent vraiment les études de l’université James Cook (JCU), et ce que tu peux faire si tu plonges sur un récif touché.
Où en est le programme de contrôle de l’acanthaster en 2026 ?
Le programme de contrôle de l’acanthaster (COTS Control Program) tourne depuis 2012 sur la Grande Barrière de corail. Au 26 mars 2026, la GBRMPA annonce près de 1,4 million d’étoiles retirées sur 451 récifs, plus de 830 000 hectares d’habitat protégés et plus de 160 000 heures de plongée. Six bateaux embarquent chacun six à dix plongeurs.
Le financement suit. Environ 20 millions de dollars australiens par an sont prévus de 2022 à 2030, pour à peu près 140 salariés dont 14 % d’Autochtones, selon la même page. Le tableau de bord du programme, mis à jour le 17 juillet 2026, donne le détail par saison. En 2024-2025, les équipes ont tué 73 881 acanthasters sur 11 710 hectares et 232 récifs. Sur 2025-2026, le compteur affiche 64 879 étoiles sur 13 210 hectares et 220 récifs. Moins d’étoiles sur plus de surface, la tendance est encourageante, mais une seule saison ne prouve rien.
Pourtant, le front nord reste chaud.
Le foyer le plus actif se situe entre Cairns et l’île Lizard, et la GBRMPA parle du cinquième cycle d’épidémie enregistré sur le récif. Un de ses scientifiques, le Dr Williamson, s’attend à ce que cette poussée au nord s’intensifie dans les prochaines années. On suivra.
Pourquoi l’acanthaster pèse-t-elle autant sur la Grande Barrière ?
Parce qu’elle mange du corail vivant et qu’elle se reproduit en masse. Selon la GBRMPA, une adulte consomme l’équivalent de sa taille en corail chaque jour ou tous les deux jours, et une femelle mature libère au moins 200 millions d’œufs par an. Elle peut approcher un mètre.
Ainsi, l’agence range les épidémies d’acanthasters parmi les trois grandes causes de recul du corail, avec les cyclones tropicaux et le blanchissement. Seule l’étoile se gère localement. Un point mérite d’être corrigé au passage : l’acanthaster est une espèce native du récif, comme le rappelle la GBRMPA, et le problème vient de ses pullulations. Le triton géant, un de ses prédateurs, fait l’objet d’un espoir de régulation naturelle sur la Grande Barrière, sans chiffre de résultat publié à ce jour.
Un mot sur le nom. Tu liras souvent Acanthaster planci, y compris dans l’ancienne version de cet article. En 2017, Gerhard Haszprunar et deux collègues ont défendu le nom Acanthaster solaris pour la population du Pacifique, génétiquement distincte de celle du nord de l’océan Indien. Les auteurs reconnaissent eux-mêmes qu’il faut encore désigner un spécimen de référence pour fixer ce nom. Pour toi, ça ne change rien en plongée.
| Repère | Valeur | Source et date |
|---|---|---|
| Taille maximale | Près d’un mètre de diamètre | GBRMPA, 2026 |
| Œufs par femelle mature | Au moins 200 millions par an | GBRMPA, 2026 |
| Corail consommé | Sa taille en corail tous les un à deux jours | GBRMPA, 2026 |
| Dose de sels biliaires | 10 ml, une injection à la base d’un bras | Rivera-Posada et al., 2014 |
| Dose de vinaigre | 25 ml, mort en moins de 48 heures | Boström-Einarsson et Rivera-Posada, 2016 |
| Étoiles retirées depuis 2012 | Près de 1,4 million sur 451 récifs | GBRMPA, mars 2026 |
Vinaigre ou bile de bœuf : que disent les études de JCU ?
Les deux tuent l’étoile en une seule injection. En 2014, une équipe de JCU menée par Jairo Rivera-Posada a fixé la dose de sels biliaires à 10 ml, injectés à la base d’un bras avec une aiguille de calibre 16. En 2016, Lisa Boström-Einarsson et le même chercheur ont montré que 25 ml de vinaigre ménager tuent l’animal en moins de 48 heures.
L’étude de 2014, parue dans Ocean & Coastal Management, a testé la solution de bile en laboratoire puis en mer, sur des étoiles mesurant jusqu’à 42 cm. Les auteurs n’ont relevé aucun effet immédiat sur les poissons, les coraux ou les autres invertébrés du fond. C’est le socle du programme actuel.
Mais le vinaigre a ses propres atouts. Dans son communiqué de septembre 2015, JCU expliquait qu’il coûtait environ moitié moins cher que l’extrait de bile et qu’il s’achetait sans permis au supermarché. Un détail cloche pourtant (et on préfère le signaler). Le communiqué parlait de 20 ml, alors que l’article publié dans Coral Reefs en 2016 retient 25 ml, avec une mort fonctionnelle en moins de 24 heures. On se fie à la publication. Elle a été relue par des pairs.
Sur la Grande Barrière, les plongeurs du programme utilisent aujourd’hui l’une ou l’autre solution, d’après la GBRMPA.
Le vinaigre suffit-il à arrêter une pullulation ?
Non, et personne au programme ne le prétend. Chaque étoile doit être repérée puis piquée par un plongeur, une par une. Avec six bateaux, les équipes concentrent leurs efforts sur environ 500 des plus de 3 000 récifs du parc, d’après un article de Newsport daté du 28 janvier 2026.
Cependant, la méthode reste peu coûteuse là où elle s’applique. La GBRMPA chiffre le coût à environ 175 dollars australiens par hectare protégé, dans une page de janvier 2026.
L’agence défend surtout l’intervention précoce. « Plus on agit tôt, plus on protège de récif », résume son responsable des opérations en mars 2026. Les équipes surveillent donc aussi des récifs encore peu touchés. Le but est d’agir avant que la densité d’étoiles grimpe. Et l’ancienne version de cet article décrivait des drones, des capteurs d’ADN et des réseaux citoyens comme des outils de routine. On n’a trouvé aucune source datée qui le confirme à l’échelle du programme. On les a donc retirés.
Bref, le vinaigre achète du temps sur des récifs choisis, et c’est déjà beaucoup quand on sait qu’une étoile adulte peut avaler sa taille en corail en un ou deux jours, sur un récif qui mettra des années à s’en remettre.
Tu croises une acanthaster en plongée : que faire ?
Tu ne la touches pas et tu ne la piques pas toi-même. Ses épines portent des toxines. Sur la Grande Barrière, l’abattage relève des équipes formées du programme, et ton rôle s’arrête au signalement auprès de ton guide ou du centre de plongée qui t’emmène sur le site.
Or le signalement vaut quelque chose s’il est précis.
Si le briefing du bateau mentionne des acanthasters sur le site, demande à qui transmettre ce que tu vois. Note le lieu, la profondeur approximative, l’heure et le nombre d’étoiles. Une photo prise à distance, sans contact, aide à confirmer l’espèce. Garde ta flottabilité au-dessus du récif, comme pour toute règle de base pour ne jamais toucher la vie marine. Et si tu veux distinguer l’acanthaster d’une autre espèce avant ta sortie, notre fiche sur l’étoile de mer et ses cousines donne les repères visuels. Pense aussi au reste. Une crème solaire mal choisie pèse sur les fonds marins d’une autre manière.
Le coût pour toi tient en une minute à la remontée, le temps de noter quatre informations sous l’eau ou sur le pont. Pour le programme, c’est une donnée supplémentaire sur un récif que six bateaux ne peuvent pas visiter chaque semaine.
FAQ
Le vinaigre tue-t-il les autres animaux du récif ?
Pour les sels biliaires, l’étude JCU de 2014 n’a relevé aucun effet immédiat sur les poissons, les coraux et les invertébrés voisins. Pour le vinaigre, on n’a pas trouvé de mesure publiée d’impact à long terme sur la faune voisine. Impossible à trancher d’ici.
Combien d’acanthasters ont été retirées de la Grande Barrière ?
Près de 1,4 million sur 451 récifs depuis 2012, selon la GBRMPA au 26 mars 2026. Sur la saison 2025-2026, le tableau de bord du programme compte 64 879 étoiles tuées sur 13 210 hectares.
L’acanthaster est-elle une espèce invasive en Australie ?
Non. La GBRMPA la décrit comme une espèce native de la Grande Barrière. Le problème vient de ses pullulations, dont la poussée actuelle est la cinquième enregistrée sur le récif.
Un plongeur loisir peut-il injecter une acanthaster ?
La règle dépend du pays et de la zone. Sur la Grande Barrière, l’abattage est mené par les équipes du programme. Sans cadre local clair, tu t’abstiens et tu signales ce que tu vois à ton guide.
Sources
- Crown-of-thorns starfish (COTS) Control Program (Great Barrier Reef Marine Park Authority, 2026)
- Controlling outbreaks of the coral-eating crown-of-thorns starfish using a single injection of common household vinegar (James Cook University, Coral Reefs, 2016)




Bonjour,
Pourquoi ne pas utiliser du vinaigre à forte concentration 25% plutôt que d’utiliser du vinaigre 5%, cela prendrait moins de place dans l’équipement du plongeur/soigneur
?